21-AVR-2013
Extrait du journal (page 18)
[...]
- affinage de l'émouture du
"Bédard" [...]
J'ai essayé de ramener l'épaisseur du
tranchant du "Bédard" à
0,4..0.5 mm avant affûtage afin d'améliorer la performance
de coupe.
J'ai fait cela à main levée. Je me suis retrouvé
avec un léger convexe
prèx du tranchant et des stries toujours trop profondes
ailleurs. Je me
suis puni en reprenant l'émouture à la main et à
la cale à poncer.
Coincé dans mon support maison pincé dans mon
établi-étau Black &
Decker Workmate W536 (que j'ai acheté afin de pouvoir sortir
travailler
en plein jour) j'en ai eu marre au bout de 30 minutes et j'ai
arreté. A
chaque jour suffit sa peine. Bien qu'étant passé par 40,
80 et 120 cela
reste une catastrophe: des marques partout. Près du ricasso le
tranchant est trop fin, la pointe s'est barrée... Va encore
falloir y
consacrer de nombreuses heures.
07-MAI-2013
Extrait du journal (page 18)
[...]
J'ai ressorti le
"Bédard"
pour en polir la lame. Après près de deux heures d'huile
de coude, j'ai
jeté l'éponge. L'émouture aura ses défauts.
J'arrête, j'en ai marre!
Cela me rappelle à quel point il faut bien bosser en amont pour
ne pas
avoir à passer le reste de l'éternité à
polir chaque atome. Il y a eu
P40, P80, P120, P180, P220, P240, P320, P400, P500, P600, P800, P1000,
P1200, P2500 et P4000 (avec un petit coup de cuir à la
pâte 2 microns
-~P9000-) à la fin.

Notez le support en bois pour la pointe et la bête cale en bois
d'arbre.
08-MAI-2013
J'ai continué le "Bédard":
- transfert à chaud du négatif du logo en "toner"
d'imprimante laser:
j'ai dû m'y reprendre par 3 fois. Première pas assez
chaude, mauvais
transfert, seconde glissement de la feuille, logo souillé,
troisième
nickel
- masquage au vernis à ongle puis au ruban adhésif
d'électricien
- gravure électro chimique au coton-tige/eau salée/pince
croco/ alim
- ponçage de la face avant de la garde en alu: P320, P600,
P1000, P2500 et cuir à environ P9000
- mise à la longueur des rivets
- dégraissage
- collage de la garde avec les rivets à l'époxy et mise
sous presse: en
théorie ici les pros brase à l'étain, moi j'ai
décidé d'essayer autre
chose

Gravure avec de haut en bas et de gauche à droite: le transfo,
le petit récipient d'eau salée, le vernis à
ongle, le "scotch" d'électricien, le fer à souder avec la
panne modifiée pour le transfert à chaud, la pince
croco borne positive reliée au couteau, la pince croco
négative reliée au coton-tige imbibé d'eau
salée,
les logo imprimés à saturation sur du papier glacé

Polissage de la face avant de la garde: mirroir en guise de face plane.
Pour les esthétes et autres
épicuriens, une affiche Aubade en reflet...

Le logo et la garde polie en gros plan.

J'ai tenté de raccourcir les rivets un chouia afin de
pouvoir pincer la garde sans qu'ils ne gênent.

Mise sous presse et essuyage des excédents d'époxy
à l'acétone+coton-tige.
09-MAI-2013
J'ai poncé à plat au papier P80 le
petit champ des plaquettes qui vient contre la garde. J'ai
gratté tout ce qui dépassait et j'ai tenté
d'augmenter un peu les rugosités pour une meilleure accroche de
la colle époxy.

Mirroir, Workmate et P80 de chez Norton.

J'ai d'abord positionné la plaquette sur le manche enduit de
colle avec les deux pinces. Puis j'ai mis
la plaquette en butée contre la garde avec
l'établi-étau et pour finir j'ai solidement
serre-jointé manche
et plaquette. Pour les besoins de la photo il n'y a que 3 serre-joints
bas de gamme en C mais par la
suite j'en ai ajouté deux autres. Demain on perce et on colle la
seconde plaquette...
10-MAI-2013
J'ai percé la plaquette à deux fois 5
et une fois 6 mm. Puis j'ai collé la seconde plaquette.

Comme ce morceau de micarta lin a des faces parfaitement
parallèles, je ne suis pas obligé de
brider le couteau "au plafond" pour avoir l'axe des trous bien
perpendiculaires au manche.

Même scénario qu'hier, mêmes acteurs avec les deux
serre-joints supplémentaires qui viendront
après la photo. Demain on perce l'autre plaquette, on colle les
rivets inox et le tube alu et on
tachera de "couler" ce qui manque de matière entre les
plaquettes pour former le retour de l'encoche
de l'index
11-MAI-2013
J'ai percé la seconde plaquette. J'ai
collé les deux rivets inox et le tube alu de passage dragonne.
Avec de la résine j'ai "coulé" le retour de l'encoche de
l'index près de la garde.

Perçage de la seconde plaquette.

Ici j'ai fait de la poudre de micarta lin en polissant les
arètes du manche. Cette poudre sera mélangée
à de la résine époxy en proportion d'environ 50/50.

Voila la zone où je veux "couler" de la matière. Je l'ai
délimitée avec de la pâte à modeler.

Après mélange du micarta en poudre et de
l'époxy... J'ai taché de touiller pour chasser les
éventuelles
bulles d'air entre les deux plaquettes. Demain ce sera sec et dur,
ponçable et usinable.
12-MAI-2013
La suite en images commentées.

J'ai poncé "l'excès" de rivets et le dos du manche car il
est en ligne droite.

La ligne droite du dos m'a permis d'aligné le patron et de
marquer le contour du bas du manche.

Ici j'enlève l'excès de micarta en suivant le contour
tracé précédemment.
Avec ma plus petite roulette (de 25 mm), j'ai enlevé tout que
j'ai pu faire mécaniquement au back.
On voit ici ce qu'il reste de la résine que j'ai coulée
hier.
14-MAI-2013
J'ai commencé à façonner le
manche. Deux heures de boulot en réussissant à ruiner la
face avant de la garde et il reste sans doute encore autant d'heures
pour les finitions.

Comme tout est bien d'équerre, j'ai commencé par
réduire l'épaisseur des plaquettes sur la table
avec la bande verticale. De manière générale je
trouve les manches fins plus beaux et plus en
harmonie avec la ligne générale d'un couteau. Port de
masque respiratoire obligatoire!

Pour dégrossir les arrondis j'ai fait de grossiers chanfreins
à 45°.

Les chanfreins sur le bas avec la roue de 250 mm. Puis j'ai poli
longitudinalement le manche au P240,
puis 400. Y a pas à dire, avec un back c'est beaucoup plus
rapide et tout aussi efficace.

Le chanfrein de l'encoche pour l'index avec la roue de 25. Finition
longitudinale du manche à
P240 puis 400 aussi.

Le manche s'affine légèrement en section. Ici dans mon
support maison (qu'il faudra encore un peu
modifié selon la phalange en sang de mon index droit) avec
une de mes cales à poncer maison.
Un couteau fait main se tient dans la main et doit donc être fini
à la main. Ce n'est pas possible autrement.
Au bout de deux heures ça ressemble enfin à un couteau
mais il reste encore beaucoup de polissage en
vue d'une finition digne de ce nom. Comble de la nullachiosité
de votre serviteur: en glissant avec mes
bandes j'ai accidentellement touché le poli miroir de la face
avant de la garde! Grrr! Ça va être très
dur à rattraper (impossible en fait)
15-MAI-2013
Pas de photo car j'ai fait la même chose
qu'hier, à savoir continuer la finition. J'ai un peu
dégagé le "marteau" à l'arrière du manche
au back, puis tout le reste à la mimine et huile de coude. A ce
sujet je me demandais toujours si un back à vitesse variable
était indispensable, vu ce que j'arrivais à faire avec
mon petit combiné qui tourne toujours à fond. La
réponse est oui! Si vous cassez votre tirelire pour un back,
prenez un modèle à variateur. Pour les travaux
précis, une vitesse lente aide énormément je
trouve.
J'ai passé le manche (micarta et plate
semelle), les rivets et les faces latérales de la garde de P400
à P2500. Il me faut encore finir la partie "marteau" et surtout
la face avant de la garde. L'aluminium est difficile à polir
façon miroir.
J'ai raccourci de 30 mm la base de mon support
maison. De cette façon, les collisions avec les phalanges sont
évitées. Je conseille de copier cet outil. Aujourd'hui
j'ai vraiment apprécié sa fonctionalité et
praticité.
17-MAI-2013
Après le boulot j'ai fini à la main le
cul du manche, à savoir la zone du "marteau" de frappe. Ensuite
j'ai fait de même avec la face avant de la garde. Pas
évident. Il faut absolument la finir avant montage et la
protéger tant que possible. L'aluminium semble hyper sensible au
moindre frottement accidentel (dans la poche, contre un trousseau de
clé...). J'ai enlevé la protection de lame et tout poli
au cuir enduit de pâte 2 microns. Puis j'ai tout nettoyé
à l'alcool à brûler. Nouveau polissage au disque
dans la
perceuse avec pâte 2 microns. Nouveau nettoyage à
l'alcool. A présent il faut encore polir le dos de la lame
(oubli? Découvert après retrait de l'adhésif de
protection) et affûter l'ensemble. Et puis il faudra songer
à un étui un peu classe.
18-MAI-2013
Debout de bonne heure, polissage du dos de lame,
affûtage, séeance photo.

Finition du dos oublié: 320, 400, 500, 600, 800, 1000, 1200,
2500, 4000 et cuir.

Avec mon petit brol j'ai mis du temps à mettre un tranchant sur
la bête. Demi-angle au sommet un
en dessous de 16°. Pierres 80, 180, 320, 600, 1000 et coticule. Le
tout fait à froid (sans machine)
pour ne pas crâmer le fil (vachement important selon le livre de
Roman Landes)

Une fois l'arète formée j'utilise le truc du feutre pour
garder l'angle à main leveé sur la pierre de coticule.
Il suffit de colorier l'arète au feutre indélébile
et de vérifier où porte la pierre (et de modifier en
conséquence).
Avec l'habitude, on devient vite efficace.

Un petit coup sur le cuir enduit de pâte 2 microns avec des
passes de plus en plus légères.

Et ça rase sans problème.

Lame
de 3 mm en T7Mo vers 59 HRc, deux rivets inox, un passage dragonne alu,
plaquettes micarta lin, intercalaires
fibre rouges de 0.8 mm, garde en alu, lame 88 mm, longueur totale 192
mm, 88 g. Facile 25 heures de boulot
02-JUN-2013
Et voici finalement un étui, avec la somme de
mes récents acquis, par mimétisme sur le Net.
- rainure à l'intérieur pour le pli
- teintés et polis sur les deux faces et les côtés
de passant de ceinture
- nourrit dehors, durcit dedans et re-polis
- creusés pour la couture du passant
- encollés avec la surépaisseur de cuir côté
tranchant
- arrondis sur les côtés de passant de ceinture
- creux à la rainette des deux côtés des coutures
du passant (contre l'usure par frottement sur le couteau)
- humidification et passage de la roulette au moins 3 fois sur chaque
coutures
- multiple teinture de tous les creux
- polissage et arrondi de la tranche aprés humidification et
coupe à l'abat-carre
- véritable point de sellier avec deux aiguilles, le noeud et
tout le toutim à faire saigner les mains

L'autre couteau est le "Brochant".