(avec un gant en latex si possible). Entre les frais de
port et le prix lui-même, on parle ici de 25 EUR au bas mot pour
2 X 50 ml.
Il s'agissait d'une ébauche d'article en
prévision de la fin de mon kit CCL
Me fiant aux plus
expérimentés, j’ai par le passé
acheté le petit kit « CCL knife handle polish set »
en finition « glossy » (brillante). 2 flacons de 50 ml et
10 cm
2 de papier de verre P800 pour 22 à 25 EUR, bien
plus avec d’éventuels frais de port. Il faut avouer
qu’avec une application relativement peu disciplinée (je
ne ponce pas toujours entre les couches, je prends ce que j’ai
comme chiffon, je laisse sécher très peu de temps, je
l’ai même mis avec succès sur du micarta
maison…) j’ai toujours eu des résultats
exceptionnels de beauté pour un amateur. Bien sûr un pro
du vernissage trouverait à y redire, mais moi je n’ai
jamais obtenu mieux avec d’autres formes de vernis, huile, etc.
Le premier flacon contient une sorte de vernis
épais sensé boucher/lisser la surface. Souvent je mets 3
couches. Le second flacon contient une huile. Il faut mettre une goutte
de cette huile sur le chiffon préalablement imbibé du
vernis et repasser typiquement 3 couches. Résultat : le flacon 1
est vide, le 2 plein à 90..95%. Il existe un kit pour «
pro » avec 250 ml de vernis et 100 ml d’huile. 60 EUR.
C’est bien meilleur marché que le kit pour amateur. Mais
le prix reste rédhibitoire.
J’ai décidé d’essayer de
faire mon propre vernis. J’imagine qu’à la fin
ça coutera plus cher et plus de temps qu’un bête
achat, mais faut bien s’amuser un peu dans la vie… Voici
un condensé du fruit de mes recherches.
Le vernis est un vernis tampon ou vernis au tampon
ou vernis anglais ou vernis français (chez les Allemands et les
Anglais) ou ou ou. Il y a des tonnes de produits de ce type. Mattine de
gomme laque, huile mono, fondur, popotte, je n’y comprends
rien… Disons que vous trouverez sur le marché de la
menuiserie ébénisterie lutherie antiquité beaucoup
de vernis à base de gomme laque (shellack en anglais et en
allemand). Ils sont beaucoup moins chers. Je n’en ai
expérimenté aucun. Si vous avez une bonne
expérience avec un tel produit, n’hésitez pas
à
m’écrire
et je posterai ici vos recommandations.
J’ai voulu aller un pas plus loin et faire
tout de A à Z. On trouve autant de recettes de vernis tampon que
d’auteurs, chacun avec sa recette traditionnelle, ancestrale etc.
Bref je suis parti pour faire 2..3 mélanges tests. Ce serait
étonnant que ça marche du premier coup. Pour commencer
voici les grandes lignes résumées
1 le vernis
Le constituant principal est de l’alcool:
alcool à brûler à 95°, à 99°, de
l’alcool éthylique 95°, de l’alcool fin à
vernir, de l’essence de térébenthine pure
gemme… Souvent 1 litre ou 1000 g selon les recettes. Il semble
que plus le produit est pur/raffiné, mieux c’est. Moi
j’avais encore de l’alcool isopropylique/isopropanol
à 99.9%. Selon le Net : « […] L’alcool
isopropylique est un bon solvant pour les cires, les huiles, les
résines et de nombreux autres produits. Ainsi, il est surtout
utilisé comme solvant dans les formulations de vernis,
peintures, couches d'apprêt, encres, décapants et
adhésifs […] »
Ensuite le produit le plus important: la gomme laque
(le fameux shellack). Vous pourrez chercher seul de quoi c’est
issu. Selon les recettes, il faut 110 à 200 g. On le
mélange à l’alcool qui dissout ce produit souvent
en paillettes et on filtre le résultat après une semaine.
Voilà ça peut suffire. On choisit la gomme laque la plus
claire possible et décirée afin de ne pas affecter la
teinte du bois (sauf si on voulait teinter un bois clair). Dans
d’autres proportions le mélange sert aussi de durcisseur
de cuir, surtout côté chair (peut-être un autre
article un jour)
On peut ajouter d’autres gommes
d’origine naturelle, selon les recettes en quantité plus
faible de l’ordre de 20..25 g. Entre autres, mastic de Chios,
colophane, gomme Damar, gomme Elemi, gomme Sandaraque, copal, benjoin
de Siam…etc.
2 l’huile
Les huiles doivent sécher naturellement et
durcir. Elles doivent protéger le bois contre les agressions
(surtout l’humidité) et si possible le durcir. C’est
l’huile qui fait ressortir la beauté des veines du bois.
La plus utilisée est l’huile de lin.
Elle sèche assez vite, jaunit avec le temps et offre une
résistance moyenne à l’eau. L’huile de lin
dite « cuite » sèche plus vite.
Des pays scandinaves, on a l’huile dure aussi
appelée huile scandinave ou Danish oil. Sans doute les
conditions climatiques plus dures et les bicoques en bois les ont
forcés à améliorer l’huile de lin. Plus
chère, excellents résultats sur les couteaux selon les
sources
La plus chère, qui ne jaunit pas et qui
sèche plus lentement mais qui a l’avantage
d’être très dure et résistante à
l’eau, l’huile de tung (huile de Chine, huile de bois de
chine ou huile d’abrasin, c’est tout pareil).
Attention toutes ces huiles se polymérisent
en durcissant tout en dégageant de la chaleur. Le risque
d’inflammation du chiffon est réel. Il faut toujours le
mouiller avant de le jeter. Bien entendu je ne l’ai jamais fait
mais je vous le dis.
La première couche doit souvent être
passée diluée (térébenthine ~30-50%, huile
de citron incolore ~10%, huile d’orange ambrée
~10%…) et/ou chauffée (40..55°C) afin de faciliter sa
pénétration en profondeur.
Les huiles ne séchant pas assez vite, on
peut/doit leur ajouter du siccatif.
Il y a aussi d’autres additifs
recommandés pour donner de la souplesse (20 ml de
térébenthine de Venise) ou jouer le rôle de
plastifiant (60 ml de glycérine mais elle retarde le
séchage).
3 le tampon (le truc
qui sert à appliquer les produits)
Il faut de laine de la taille d’un œuf
qu’on emballe dans un linge non pelucheux de type coton ou lin
pour former une sorte de chaussette. On passe le tampon dans le sens
des fibres pour faire pénétrer un produit ou par
mouvements rotatoires (j’adore ce mot trouvé
récemment) ou en forme de « 8 » pour un polissage.
Certains chargent la boule centrale avec le vernis ou juste de
l’alcool, d’autres le tissu par-dessus. En application
coutelière, on pourra se limiter à un œuf de pigeon
pour la taille de la chaussette…
Il y a aussi le coton à mécher.
Jusqu’à aujourd’hui avec le kit
CCL j’ai toujours pris du coton issu de vieux
sous-vêtements.
Je laisse de côté le bouche-porage avec
de la ponce soie ultra fine. Tout ce que j’ai écrit
dépasse déjà de loin le cadre de cette page
d’amateur. Il s’agissait surtout de centraliser des infos.
Les essais
J’ai obtenu tous les produits dans une
droguerie (en ligne! C’est comme les stations services, y en a
plus en France). Certains se trouvent en grande surface (Castarama,
LegrosMerlin…) Je suis parti sur des bases de départ de
50 ml d’alcool isopropylique histoire de ne pas gâcher les
produits
Recette n°1
- 50 ml d’alcool isopropylique pur à
99.9%
- 7.125 g de gomme laque blanche cirée*
- 1.25 g de colophane
- 1 g de gomme Damar
*la variante plus sombre dite blonde était décirée
mais je voulais quelque chose d’aussi incolore que possible
quitte à filtrer la cire séparée et
déposée au fond
Coût : 1.41 EUR/50 ml
C’est la première recette que
j’avais trouvée. La plus complète et cela me
semblait chiadé. J’ai un peu augmenté la
quantité de gomme laque à la suite de diverses lectures
et remplacé le mastic de Chios d’origine (hyper cher) par
de la gomme Damar bon marché, ayant les mêmes vertus
à ceci près que le mastic de Chios jaunit beaucoup moins
dans le temps. Mais vue la faible quantité et
l’écart de prix exceptionnel…
J’ai pesé le plus
précisément possible avec des balances de labo à
mon boulot (pourquoi ? Parce qu’entre ma balance
ménagère et celles de labo je n’avais rien
d’autre pour de si faibles quantités) et mesuré les
volumes à la bête seringue.

Oui vous lisez bien: 4 chiffres après la virgule... Matos de
labo, très cher...

Le tout est mélangé dans un petit flacon.

.
A gauche ma recette N°1, à droite une tentative de recette
de durcuisseur de cuir.
Il faut secoué plusieurs fois par jour
pendant 7 jours. Cela se dilue très lentement et colle souvent
au fond. Pensant que la chaleur aiderait la dilution, j'ai
stocké les flacons sur mon chauffe-eau à l'abri de la
lumière.
31-MAI-2013
Examen du mélange après environ 24
heures. Selon mon thermomètre infra rouge il fait environ
31°C au dessus du chauffe-eau. J'ai encore secoué le tout
vigoureusement.

Au dessus c'est de la laine de verre car j'ai isolé un peu plus
mon chauffe-eau. Ça lui fait une chouette
couverture à mon mélange. Au dessus un liquide clair, au
fond un dépôt.

Photo pour mieux voir les dépôts ou plutôt les
constituants pas encore dilués/dissous. Dans le premier
la gomme Damar est pratiquement comme avant introduction, tout juste
des angles qui semblent
s'être arrondis un peu (ça ressemble à du sucre
candy) et une couleur beaucoup plus blanche.
A droite mon durcisseur pour cuir.
03-JUN-2013
Voilà 4 jours que je secoue vigoureusement au
moins une fois le matin et une fois le soir le mélange. La gomme
Damar a bien fondu, les plus gros blocs font moins de 3 mm à
présent. Avant chaque secousse, on trouve toujours une sorte de
mélange diphasique avec dépôts (mais très
fins) en bas.
Faisant des étuis, j'ai déjà
utilisé le durcisseur pour cuir tel quel (pas de filtration) sur
du cuir (collet) tanné végétal au bout de deux
jours. Cela semble bien remplir la fonction attendue.
06-JUN-2013
Ce soir on est 7 jours après
établissement du mélange. Depuis 2 ou 3 jours j'ai
l'impression qu'il ne passe plus rien. Il reste deux petits morceaux de
gomme Damar qui ne semblent plus vouloir se dissoudre et deux phases
- une légère de couleur huile de tournesol, très
pure
- une plus lourde, plus blanchâtre et épaisse qui rappelle
un nuage dans le ciel.
09-JUN-2013
Hier j'ai sorti mes deux flacons de sous l'isolant
du chauffe-eau, je les secoués et je les ai posé
verticalement ailleurs. Ce matin après 9 fois 24 heures de
"décoction" je l'ai comparé au produit que j'essaie de
refaire.

De gauche à droite: le "vernis" CCL, mon vernis tampon et mon
durcisseur de cuir.
Il y a un
sacré dépôt. Est-ce de la cire ou simplement la
solution qui est saturée? En tout état de cause, comme
toutes les recettes indiquent qu'il faut filtrer, je suppose qu'il y a
toujours ce genre de dépôt quelques soit la recette. Point
positif, la coloration de la copie est la même que celle de
l'originale. Etonnant... Coup de bol sans doute.Le durcisseur pour cuir
est plus homogène, quasi épais. Bon comment filtrer sans
que cela ne dure des jours? Par expérience je sais que souvent
le filtre se bouche et plus rien du tout ne passe avec ce genre de
mélange. Je veux éviter que l'alcool ne s'évapore.
Forcer le tout à passer dans une "chaussette"?
16-JUN-2013
C'est finalement au bout de 15 jours environ que
j'ai tenté de filtrer mes deux mélanges. Non pas qu'il
faille attendre si longtemps mais simplement je n'ai pas trouvé
le temps ou l'envie plus tôt. J'ai choisi d'essayer avec un bas,
penadnt m'affranchir de l'absorption excessive d'un tissu. Exit aussi
le filtre à café avec lequel j'ai connu des fortunes
diverses par le passé.
L'ersatz de CCL est passé très vite
par le bas de Nylon. Le mélange est resté trouble. Pour
le durcisseur de cuir cela a duré très longtemps. Au bout
d'un quart d'heure j'en avais marre et j'ai pressé
mécaniquement à la main ce qui restait dans le bas.
Mélange trouble également. Je suppose que les
méalnges vont encore se séparés. Pour que cela
ressemble au produit original, je pense qu'il ne faut que la phase
légère supérieur et transparente. Soit je trouve
un filtre plus fin, soit je prélève à la seringue
après décantation.

La filtration de la recette N°1 à travers un bas dans un
entonnoir.

Détail du filtrat restant dans le bas.
Ayant
achevé un couteau à pissenlits avec un manche en noyer,
j'ai testé la recette N°1 encore trouble. Le produit
à l'air beaucoup moins épais et collant que l'original.
Il semble sécher aussi vite. 3 couches de vernis seul, puis 3
couches avec une goutte de l'huile CCL du flacon N°2 (vu qu'il m'en
reste 95%). Comme je disais, moins épais, moins collant, tout
sèche aussi vite. Le résulat me semble très
similaire. Pour l'instant on ne peut pas parler d'échec.

La photo le rend mal, mais le manche en noyer brille de mille feux et
les veines ressortent bien.
17-JUN-2013
J'ai continué la "filtration".

J'ai aspiré à la pipette la partie haute du flacon de
gauche pour la mettre dans celui de droite.

Le reste je l'ai filtré avec un filtre à café (oui
j'ai cédé...)

Même avec un filtre en papier le mélange reste trouble.

Et surtout ça dure des plombes! Sans compter que le papier
aspire et garde une partie du précieux mélange.

Deux heures plus tard
- le filtre est encore plein au tiers
- le filtrat se décante plus vite que le filtre ne se vide
Désabusé, j'ai pressé au mieux à la main en
arrêtant là l'expérience.
18-JUN-2013
J'ai pu extraire davantage de vernis clair de la
portion filtrée hier par le filtre à café.

24 heures après filtration par filtre à café: un
nouveau dépôt. J'ai pu extraire environ la moitié
de la
partie claire avec une pipette. Au delà l'aspiration
entraîne également le dépôt dans la pipette.
Il
faudrait un récipient large en bas et fin en haut (façon
mini Erlenmeyer).
19-JUN-2013
J'ai transvasé ce qui reste de filtrat dans
un flacon de diamètre inférieur afin de faire "remonter"
le niveau de liquide clair pour pouvoir l'aspirer plus tard.
20-JUN-2013
Malgré le niveau plus haut dans le petit
flacon, la pipette a tendance à aspirer le dépôt.
Je vais attendre plusieurs jours pour voir s'il ne se compacte pas un
peu au fond.