La réalisation d'un fixe forgé en quelques images après chaque étape


"Never go anywhere without a knife"


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Candidat de départ: une lime sans marque de 200 X 19 X 4..5 [mm] pour 0.5 EUR en brocante.



Eventuellement une souche du village pour en tirer des plaquettes?



Test de trempabilité de l'acier. Pas la peine de commencer à bosser
si l'acier ne prend pas la trempe. Chauffe de la queue au rouge dans la
forge, seau d'eau et casse dans l'étau: Si ça plie, c'est plié.
(on ne le voit pas mais le grain de l'acier est bien fin, on peut y aller)



On chauffe la lime au rouge et on la laisse se refroidir le plus lentement possible dans un isolant (ici
des cendres). But: rendre l'acier mou pour l'usiner plus facilement.



Il faut dégager les stries, ici avec une meuleuse d'angle et un disque P40. Toute dureté de départ perdue
dans le recuit facilite le boulot...



Après forge (pas très doué le gars) en visant 80% d'épaisseur du ricasso à la pointe, 50% au cul.
On aura fait 3 normalisations à l'air pulsé et un recuit d'adoucissement.
Normalisation: chauffe au rouge puis refroidissement à l'air (calme, en agitant les bras ou comme moi
face à une sortie d'aspirateur). 3 fois. But: réduire la taille des grains.
Recuit d'adoucissement: chauffe au rouge et refroidissement le plus lent possible dans un isolant. But:
avoir un métal mou facilement usinable.



Réalisation du contour et allègement du manche dont quelques trous de fixation.



Début d'émouture à la lime, avec un guide.



Réalisation de l'émouture.



Polissage à la main jusqu'à P220 ou 400. But: supprimer de grosses stries perpendiculaires au tranchant
risquant de provoquer des fissures à la trempe (les stries concentrent les contraintes comme un papier
pré-perforé)



Après trempe.
Dans ce cas particulier (pour des essais) chauffe à la forge (on dit austénisation) un poil au dessus
de la perte de magnétisme de l'acier (le point de Curie du fer est de 769°C; pour cet acier je visais
800°C) puis refroidissement partiel du tranchant seul dans un produit gras solide (dit "goop").
Le goop fond immédiatement et refroidit le tranchant, cela change la structure cristalline de l'acier
dans cette zone. La nouvelle structure est de la martensite très dure. J'ai repété cette opération 3
fois. Au dernier refroidissement, vers 200°C, on peut redresser la lame si elle est un peu tordue.
Ensuite je mets la lame au congélateur à -18°C pour quelques heures. But: forcer l'apparition d'un
maximum de martensite en faisant disparaitre le plus possible d'austénite dite résiduelle.



La martensite est trop cassante. Il faut lui rendre un peu de résilience. Pour cela, la lame a passé 2 fois
une heure au four de cuisine à 200°C sur deux jours. Après chaque chauffe, je refroidis la lame à l'eau
et elle repasse au congélo pour la nuit.



Après trempe triple, double revenu et sablage. Notez la zone blanche dans la partie ventrue. Je ne me
l'explique pas.



Affinage de l'émouture (laissée assez épaisse la première fois afin d'éviter les déformation à la trempe)
en refroidissant le plus possible. Toute chauffe excessive revient à faire un troisième revenu et à ramollir
l'acier.



La souche n'est pas dispo. Avec mes chutes, j'assemble des plaquettes en mirabellier de chez moi,
amourette, le tout sur un intercalaire en fibre noir de 0.8 mm.



Gravure electro chimique de la lame avec mon logo et l'acier (comme il est inconnu j'écris "lime").



Après perçage (photo oubliée), collage des plaquettes et contourage.



Après façonnage du manche et réalisation de petits chanfreins aux trous pour y déformer plastiquement
les rivets en laiton (le maintien mécanique renforce le montage en plus de la colle).



Les rivets sont déformés au marteau mais le tube passage dragonne est évasé par des sphères.


Les rivets sont poncés à raz, le manche est ponçé finement à la main puis poli. Ensuite il reçoit 6
couches d'huile de tung avant d'être finalement ciré deux fois à la cire de carnauba. Reste le tranchant
que je fais à la meule à eau (elle tourne lentement et l'eau évite la chauffe de l'acier) puis à la pierre
diamantée P325 et enfin au cuir enduit de pâte 2 microns.



Eventuellement un étui en cuir ou Kydex, ou une pochette de rangement en cuir souple.



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