Voilà "mon"
état de l'art de l'étui avec quelques outils
spéciaux et du cuir qui n'est plus issu de siège
automobile mais acheté en ligne. Je crois qu'on dit que c'est du
collet tanné végétal. Il fait environ 2,5 mm
d'épaisseur. Apparemment en coutellerie c'est plutôt
3..3,5 mm la règle. Vous constaterez aussi que
mon vocabulaire n'est pas toujours 100% rigoureux pour le nom des
choses. L'ordre des étapes n'est pas toujours obligatoire,
plusieurs chemins mènent à Rome. Je ne maitrise pas
encore assez cet art pour savoir à coup sûr dans quel
ordre faire chaque chose.

J'ai décidé après le début de faire des
photos. Vous prenez donc le train en route. En gros
- j'ai fait un patron dans un carton de boîte de
céréales,
- j'ai découpé la forme dans du cuir ainsi que
- la pièce intermédiaire empêchant le tranchant de
couper les couture, dite le martyr.
- J'ai passé 3 couches croisées de teinture
à l'intérieur, sur les bords supérieurs et
à l'extérieur (dans cet ordre) sur le cuir
préalablement mouillé.
- J'ai coupé un chanfrein sur les bords supérieurs avec
un abat-carre et
- j'ai creusé une rainure centrale interne (s'arrêtant un
cm avant le haut) avec une gouge en vé et
- une sorte de gorge pour les coutures du passant qu'on ne voit pas sur
la photo (outil: rainette)
Séchage.
10-JUN-2013
On continue.

Cuir teint sec, on frotte fort au chiffon les deux faces pour lui
donner une sorte de brillant. Puis j'ai
humidifié les bords supérieurs pour les arrondir avec cet
outil (dit un machin en bois d'arbre).

J'ai poncé les 4 surfaces servant à coller le martyr avec
du papier de verre et j'ai affiné la partie avant
du martyr (là où il y aura le pli; pour que ce soit bien
jointif). Un coup de néoprène liquide qu'on laisse
prendre, montage à la main, gros serrage à coup de
marteau et pinces pour quelques minutes.

Je mouille la "charnière" du passant, je le plie en marquant
bien le pli au marteau. Je repère la zone
qui servira à la fixation, papier de verre sur les deux
surfaces, néoprène, on attend, on presse.

J'humifie la gorge pour les coutures des passants et je passe la
roulette pour marquer chaque point.

Je perce chaque point à 2 mm. Avec 1.5 mm j'en chiais trop par
le passé pour passer l'aiguille. Le
perçage enlève de la matière, idéalement il
faudra poinçonner (sans enlèvement de matière),
ainsi le
trou se refermerait à la longue. Mais essayez de faire ça
sur 3 à 5 couches superposées de 3.5 mm chacune
(au niveau du martyr)

De l'autre côté je relie les trous par une gorge à
la rainette ou la gouge en vé. Ici il faut creuser environ
sur la moitié de l'épaisseur afin de "noyer" les coutures
et empêcher le couteau de frotter. On marque
aussi les points à la roulette après humidification (eau
passée au pinceau).

Le sens du détail: je teinte à nouveau des deux gorges.

Je coupe à ras l'excès du martyr, coupé
volontairement trop grand.

Je couds au fil de polyamide (Nylon) poissé. Ici un point dit de
sellier, très solide avec deux aiguilles.
Avant de les tendre, on fait un noeud simple à chaque point et
on tire à s'en faire saigner les mains.
La petite pince sert à tirer sur les aiguilles qui coincent
souvent.

On s'arrange pour faire arriver les deux extrémités
à l'intérieur, quitte à doubler quelques points.
On coupe à 1 cm.

Je préfère le polyamide au lin car il fond en
brûlant. Avec un morceau de métal (pas les doigts!) on
aplati la petite boule de plastique fondu. On repasse une
dernière fois la roulette.

Ici mon durcisseur de cuir maison non filtré (mélange
d'alcool et de gomme laque) que je passe à
l'intérieur. Ça sèche vite. Si vous ne le faites
pas, vous sortirez des copeaux de cuir côté chair
à chaque sortie du couteau. Ne me demandez pas comment je le
sais.
Pour assouplir et nourrir le cuir, je tape dans mon stock de produits
pour mes chaussures et autres
vestes de motos. Ici de la graisse "Le Phoque" passée au
pinceau. Repos 24 heures.