La fabrication d'un étui en cuir en images


"Never go anywhere without a knife"


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09-JUN-2013

    J'ai fini mon second "Borel II" à manche en buis. Il faut lui faire un étui en cuir. Il y a sans doute des dizaines de façon de faire. En voici une, fruit de recherches sur le Net, de mes erreurs passées... Je ne revendique aucune paternité.


L'étui c'est pour lui.


    Voilà "mon" état de l'art de l'étui avec quelques outils spéciaux et du cuir qui n'est plus issu de siège automobile mais acheté en ligne. Je crois qu'on dit que c'est du collet tanné végétal. Il fait environ 2,5 mm d'épaisseur. Apparemment en coutellerie c'est plutôt 3..3,5 mm la règle. Vous constaterez aussi que mon vocabulaire  n'est pas toujours 100% rigoureux pour le nom des choses. L'ordre des étapes n'est pas toujours obligatoire, plusieurs chemins mènent à Rome. Je ne maitrise pas encore assez cet art pour savoir à coup sûr dans quel ordre faire chaque chose.


J'ai décidé après le début de faire des photos. Vous prenez donc le train en route. En gros
- j'ai fait un patron dans un carton de boîte de céréales,
- j'ai découpé la forme dans du cuir ainsi que
- la pièce intermédiaire empêchant le tranchant de couper les couture, dite le martyr.
 - J'ai passé 3 couches croisées de teinture à l'intérieur, sur les bords supérieurs et à l'extérieur (dans cet ordre) sur le cuir préalablement mouillé.
- J'ai coupé un chanfrein sur les bords supérieurs avec un abat-carre et
- j'ai creusé une rainure centrale interne (s'arrêtant un cm avant le haut) avec une gouge en vé et
- une sorte de gorge pour les coutures du passant qu'on ne voit pas sur la photo (outil: rainette)
Séchage.


10-JUN-2013

    On continue.



Cuir teint sec, on frotte fort au chiffon les deux faces pour lui donner une sorte de brillant. Puis j'ai
humidifié les bords supérieurs pour les arrondir avec cet outil (dit un machin en bois d'arbre).



J'ai poncé les 4 surfaces servant à coller le martyr avec du papier de verre et j'ai affiné la partie avant
du martyr (là où il y aura le pli; pour que ce soit bien jointif). Un coup de néoprène liquide qu'on laisse
prendre, montage à la main, gros serrage à coup de marteau et pinces pour quelques minutes.



Je mouille la "charnière" du passant, je le plie en marquant bien le pli au marteau. Je repère la zone
qui servira à la fixation, papier de verre sur les deux surfaces, néoprène, on attend, on presse.



J'humifie la gorge pour les coutures des passants et je passe la roulette pour marquer chaque point.



Je perce chaque point à 2 mm. Avec 1.5 mm j'en chiais trop par le passé pour passer l'aiguille. Le
perçage enlève de la matière, idéalement il faudra poinçonner (sans enlèvement de matière), ainsi le
trou se refermerait à la longue. Mais essayez de faire ça sur 3 à 5 couches superposées de 3.5 mm chacune
(au niveau du martyr)



De l'autre côté je relie les trous par une gorge à la rainette ou la gouge en vé. Ici il faut creuser environ
sur la moitié de l'épaisseur afin de "noyer" les coutures et empêcher le couteau de frotter. On marque
aussi les points à la roulette après humidification (eau passée au pinceau).



Le sens du détail: je teinte à nouveau des deux gorges.



Je coupe à ras l'excès du martyr, coupé volontairement trop grand.



Je couds au fil de polyamide (Nylon) poissé. Ici un point dit de sellier, très solide avec deux aiguilles.
Avant de les tendre, on fait un noeud simple à chaque point et on tire à s'en faire saigner les mains.
La petite pince sert à tirer sur les aiguilles qui coincent souvent.



On s'arrange pour faire arriver les deux extrémités à l'intérieur, quitte à doubler quelques points.
On coupe à 1 cm.



Je préfère le polyamide au lin car il fond en brûlant. Avec un morceau de métal (pas les doigts!) on
aplati la petite boule de plastique fondu. On repasse une dernière fois la roulette.



Ici mon durcisseur de cuir maison non filtré (mélange d'alcool et de gomme laque) que je passe à
l'intérieur. Ça sèche vite. Si vous ne le faites pas, vous sortirez des copeaux de cuir côté chair
à chaque sortie du couteau. Ne me demandez pas comment je le sais.



Pour assouplir et nourrir le cuir, je tape dans mon stock de produits pour mes chaussures et autres
vestes de motos. Ici de la graisse "Le Phoque" passée au pinceau. Repos 24 heures.


11-JUN-2013

    La suite.


On frotte la graisse qui a pénétré, pour que ça brille, que ça pénètre, que ça soit souple et surtout
pour enlever d'éventuels excès.



J'aurai encore pu le faire hier: creuser à la rainette une rainure parallèle au bord pour noyer le fil à coudre



On enduit de colle néoprène les deux faces et pendant ça sèche on humidifie la rainure centrale pour le pli.



On repli, on ajuste, on serre fort (avec un bon coup de marteau le long du joint) et un petit coup
de pinces serre-joint.



On met les 3 couches de cuir au même niveau par ponçage.



Découpe du petit excès du martyr.



Humidification de la gorge et marquage des points à la roulette.



Perçage des points, toujours à 2 mm. Ici il y a 7 mm de cuir à traverser! Dans une prochaine étape,
un jour, vue ma maniaquerie maladive, j'utiliserai une alêne pyramidale à section carrée...



On relie les trous de l'autre côté par une rainure à la rainette. Dans ce cas précis. les trous étaient
plus près du bord de l'autre côté. Il faut que je soigne mieux cette étape. Photo floue, désolé!



Humification des deux gorges, nouveau passage de la roulette et un petit coup de teinture.
Comme il est tard, je continuerai demain sans doute.


    Il reste la couture, l'abat-carre à passer sur le chant, teindre le chant après humidification, puis plus tard humidifier à nouveau pour arrondir les angles.


13-JUN-2013

     Rien hier, pas le temps. La suite aujourd'hui.


Couture avec deux aiguilles pour faire un point sellier (noeud simple après chaque point où les fils
se croisent). J'ai essayé de montrer le début du noeud ici. Il faut environ 6 fois la longueur de couture
pour le fil. Si c'est long comme ici, 5.5 fois ça peut suffire. Si c'est court comme pour le passant à
l'arrière, il faudra 8 ou 9 fois la longueur. Bien tendre le fil à chaque point (ça doit faire mal aux mains).



Arrivé au bout je croise une ou deux fois et je ramène les deux extrémités du fil côté intérieur. Coupe
aux ciseaux, fusion du polyamide au briquet, aplatissage de la boule fondue avec un morceau de métal
(ici la tête sphérique du marteau)



Dernier passage de la roulette sur les coutures. Chanfrein avec l'abat-carre.



Teinture du chanfrein après humidification. Séchage raèpide. Nouvelle humidification et arrondi formé
avec l'outil en bois kivabien.



Le cuir étant déjà graissé, impossible de le mouiller de l'extérieur. J'ai donc humidifié l'intérieur à
l'eau chaude et introduit le couteau protégé par du cellophane. Je presse la forme gentiment aux doigts.
C'est mon quatrième étui dans ce collet végétal. Le manche rentre tout juste. J'aurai dû laisser 2 mm
de cuir de plus au niveau du manche. Dommage.


14-JUN-2013

    L'étui étant presque séché, je lui ai mis une dernière couche de cirage en massant le cuir.


"en voilà un qui est pratiquemment sorti du bal"

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