25-JUN-2018
J'ai pris mes marteaux et mon brut avec moi au
boulot pour les sabler à la pause: têtes et manches. Mon
collègue m'a enfin soudé le manche en té sur mon
bout de clé allen et coup de bol de la benne, on a pu en
profiter pour souder un plat d'acier de construction (lire "à
ferrer les bourriques") de 30 X 30 X 15 [mm] au bout de la panne du
marteau teuton: me voilà avec une petite chasse à parer.
J'ai aussi recuit vite fait la table au chalumeau
oxy-acétylénique.
Avec la grosse lime Pferd trouvée en brocante
hier, j'ai bien dégrossi le brut de forge: planage de la
semelle, lignes d'attaque des émoutures et émoutures.
J'ai continué au back: P36 pour la semelle, puis P120
et 220 pour le reste: semelle et émouture. Ricasso, pointe, cul,
tranchant: 2.99, 0.65, 1.26, 0,70..0,90. Le dos de lame est bien plus
gros que la semelle, seule la pointe s'affine vraiment.
Je réfléchis à un pliant
à friction avec lentille, un honteux plagiat du Citadel Phan
Thiet dont la forme ouverte me rappelle les modèles scandinaves
à dépecer ou à sculpter le bois.
26-JUN-2018
J'ai tracé mes patrons pour le projet de
piémontais à lentille. J'en ai collé deux (une
lame, un manche) sur du carton et un (une lame) sur de la tôle
que j'ai façonnée au back histoire d'avoir un patron
métallique pour la forge.
J'ai continué à boucher des fissures
sur les manches des marteaux de brocante avec un mélange colle
à bois - sciure, puis j'attaqué le ponçage
à
la main du brut de forge en vue de la trempe. De P120 à P400
avec de belles stries longitudinales en arrondissant un peu le
tranchant afin d'éviter toute amorce de rupture. C'est aussi la
raison pour laquelle pour une fois je n'ai pas fait de casse-goutte
(plus tard?). Je joue avec l'idée de faire
l'austénisation à la forge histoire d'apprendre et
d'aller vite. Avec un "simple" acier comme celui d'une lime, cela
devrait donner de très bons résultats tout en me
permettant d'aller plus vite au bac de goop. Oui je compte encore
tremper en sélectif et trois fois de suite. Malgré la
mise de côté des couteaux un certains temps début
2018, je n'ai pas arrété de lire et surtout regarder des
videos. Sachez qu'outre la faction Ed Fowler (quoiqu'on puisse penser
du personnage), j'ai trouvé par hasard qu'il y avait un autre
endroit sur terre où l'on pratique la triple trempe. Il s'agit
d'une région coutellière au Japon: le village de
Nakaniida, dans le district de Kami Machi, préfecture de Miyagi,
région de Tohoku. Dans une interview, le dernier coutelier
forgeron en
activité, Michio Ishikawa (comme le diagramme), 4ème
génération, explique qu'un jour il y a longtemps un type
a dû
trouver cela, l'a rapporté à ses collègues
regroupés en une sorte de guilde ou confrérie locale et
que depuis c'était la tradition dans le coin. Autre
spécificité: ils ne travaillaient que les Shiro et Ao
Gami n°2 (partout ailleurs c'est le n°1). La différence
c'est le taux de carbone, environ 0.20% de moins sur les n°2.

Un marteau transformé en chasse à parer, une clé
Allen ressoudées avec un manche en té et un dernier
marteau rivoir dont on recolle un peu le manche
légèrement fendu.
27-JUN-2018
J'ai allumé la forge pour tremper la
dernière lame forgée. J'ai un petit morceau de brique
réfractaire (pas celle du four de trempe mais la toute
bête de couleur jaune orange qui sert à faire des barbecues
en dur) en guise de sol (et de sole) dans la forge. Combinée
avec le débit de gaz au plus bas (juste avant que la flamme ne
s'éteigne), la lame a beaucoup de mal à atteindre les
769°C du point de Curie. La couleur orange était bien
homogène. J'ai trempé le tranchant dans mon goop sur 8 mm
de profondeur. 3 fois de suite.
- la seconde fois le goop a pris feu, mais sans gravité. Vite
maitrisé
- à peine noire, j'ai essuyé la lame et retour à la
forge
- pour les deux dernières trempes, la montée en
température fut beaucoup plus rapide: chaleur rémanente
de la lame et de la forge déjà chaudes
- j'ai toujours bien vérifié avec un aimant
- après la dernière trempe, j'ai dû redresser
surtout la semelle qui avait "bananée"; je l'ai fait avec la
lame la plus chaude possible, idéalement vers 200°C selon la
théorie
- la distance forge bac de goop était très courte et j'ai
sans doute perdu moins de temps que lors de l'utilisation du four
- test du tranchant à la lime demi-douce: OK!
- au congélo à -18°C de 18h35 à 20h30, puis 3
pulvérisations au spray réfrigérant à
-50°C de part et d'autre
- 1 h au four de cuisine à 200°C (le thermomètre
indépendant calibré à côté de la lame
indiquait 195°C la plupart du temps)
- refroidissement brusque dans un seau d'eau froide et retour à
-18°C à 21h33
Note: il y a un peu de calamine près au tranchant. Dans une
video au sujet des "motifs" de calamine des lames trempées, Joe
Calton dit que, selon lui, cela arrive lorsque l'acier est
déjà trop froid car le tranchant est trop fin pour avoir
assez d'inertie thermique et / ou on a mis trop de temps entre sortie
d'austénisation et milieu de trempe. Il faut dire que Joe trempe
avant émouture...

Forge, aimant, pince, goop et "Kegaska".
J'ai enduit les manches de mes deux marteaux de
brocante d'une couche d'huile de lin. Celle-ci ne pénétre
pas les zones recouvertes d'un film de colle à bois,
malgré mes ponçages, sans doute trop légers.
28-JUN-2018
J'ai enfin baptisé le dernier couteau
forgé: le "Kegaska". Sortie de congél' à 17h04,
j'ai poursuivi avec un second revenu d'une heure à 200°C
(comme hier le second thermomètre indiquait plutôt
195°C; on dirait que mon four vieillit). Comme toujours
refroidissement en seau d'eau froide et retour au congél'
à 18h14.
Seconde couche d'huile de lin sur les manches de
marteau. Demain je tache de sabler le "Kegaska" au boulot. J'ai
récupéré un os en forme de court tube dans l'osso
bucco de mon collègue à midi. Je l'ai confié aux
fourmis pour qu'elles me le nettoient. Ce sera peut-être
l'occasion de travailler de l'os (de boeuf?) prochainement...
29-JUN-2018
Encore une bonne couche d'huile de lin sur les
manches des deux marteaux, toujours aussi secs après un jour de
séchage. Le bois "boit" toute l'huile de lin.
01-JUL-2018
Plus que 80 à l'heure, 4 à 3 pour la
France contre l'Argentine et encore une couche d'huile de lin sur les
manches de marteaux et un lance-pierre que j'ai acheté (pour
balancer mes noyaux de cerises) dans une fête
médiévale... Fête avec de nombreux vendeurs de
couteaux, forgerons, etc. J'ai parlé, posé des questions.
Dans la série "t'es qui pour râler?" je réponds
"personne" mais je suis assez déçu du rapport
qualité prix, de la qualité du travail, des connaissances
métallurgiques absentes. Entre celui qui fait du stock removal
martelé pour faire aspect "forgé", les machins vite faits
mal finis pour faire médiéval. Pratiquement tous font
de l'hypoeutectoïde en vous assurant que c'est le meilleur (pour
leurs revenus financiers sans doute), celui qui forge "de l'acier
rapide au tungstène" (laisser moi rire! Un HSS pour faire des
couteaux, au fou! Ou plutôt à l'ignorant) ceux qui
trempent en plein soleil, sans même un aimant... Et le public qui
boit les paroles. Oui bof je sais. Qui va de nos jours seulement
déjà dépensé 60 EUR pour un couteau? Il
faut vendre une histoire, faire du bénéf. Mais je suis
mal à l'aise avec tout cela. Je ne serai jamais coutelier.
02-JUL-2018
Ce soir au garage:
- Collage sur tôle et découpe grossière d'un patron
de projet futur (sur base d'ESEE 3-HM)
- Découpe de 3 éprouvettes pour faire de futurs essais de
gravure sur mon laser
- Une dernière couche d'huile de lin sur tout ce qui pourrait en
avoir besoin: manches de marteaux et lance-pierre
- Dans la pelouse, récupération de l'os laissé aux
fourmis et au soleil pour un nettoyage net et sans bavure; on dirait
que la surface de l'os pèle comme le chapeau d'un champignon de
Paris
- Séance de forge pour se faire plaisir: mon but était de
forger 2 chutes de limes et 2 chutes de 1.2842 pour s'entrainer
à faire une lame de piémontais à lentille (style
Citadel Phan Thiet)
- un seul lopin forgé en 1h15
- utilisation de la chasse à parer: ça
marche très bien
- 3 normalisations à l'air pulsé et un
recuit dans les cendres (températures à l'oeil+aimant)
- (au moment où j'écris): constatation
amère de ma nullachiosité; j'ai oublié de forger
la lentille à plat et de la tourner de 90°
- sinon je progresse un peu; dos encore assez
épais, tranchant pas encore trop fin, forme finale pas trop
éloignée avant façonnage du contour
03-JUL-2018
Sortie de la dernière lame des cendres pour
la sabler au boulot. Elle a encore des défauts de
planéité (moins que d'habitude) mais surtout, j'ai aussi
oublié de forger des faces parallèles dans la zone du
pivot... J'ai mis une émouture partout, quel idiot. Bon,
à bien y réfléchir je ne sais pas comment j'aurai
dû m'y prendre de toute façon.
Le soir retour à la forge pour des exercices.
Nouvelle tentative de lame de pliant avec une chute de lime (de section
19 X 5 [mm]). En premier lieu, j'ai essayé de remonter la queue
pour y faire la lentille. Ça a marché mais au lieu
d'avoir un dos de lame continu, il y avait une belle entaille. Et deux
chauffes plus tard, elle a cassé nette. Perdu pour perdu, j'ai
alors simplement allongé ce qui restait de courte lime. J'ai
remarqué que j'étais plus efficace pour allonger avec le bord arrondi
de l'enclume qu'avec un coin de la table du Hofi. Raison logique: moins
de surface de contact = pièce chaude plus longtemps. A
privilégier donc pour étirer/allonger.
Je suis passé à d'autres exercices une
fois la lame assez étirée. J'ai aussi tenté de
progresser dans l'efficacité de la technique façon Hofi.
Prise de conscience des 5 "joints" (abdomen, épaule, coude,
poignet et prise lâche en main), relax non crispé et
respiration, marteau proche du corps à la remontée. C'est
vrai que j'ai pu envoyer l'pâté par moment de cette
façon. Il faut y travailler encore et encore. Comme j'avais
encore un peu de temps, j'ai tenté de faire une sorte de petit
couteau monobloc à lame triangulaire comme celui d'Arnon
Kartmazov, mais pas dans un carré de 3/4" de 100Cr6 mais
un fer à béton de 10 mm.
J'y ai d'abord forgé une section
carrée, puis une pointe pyramidale et un second cône un
peu en retrait comme dans une video d'Alec Steele sur la forge de
"pente" ("tapers" en anglais). Après j'ai aplati le tout: la
forme de lame était proche de l'original mais pas la position
de mes arètes sur le manche: les miennes étaient au
carré tandis que celle d'Arnon sont en losange (les
arètes prolongent dos et tranchant). Faudra recommencer.
Dernier exo sur une lame Carl Schwarte en 75Cr1
qu'on m'avait filé: une section de 15 X 2 [mm]): sortir une
pointe sans lèvres de poisson ("fish lips" chez Shakespeare), ce
que j'arrive à faire plus ou moins à présent.
Etonnant: le trou au cul de la lame (qui est devenu ma pointe car c'est
là qu'il y a de la matière) a été
complètement fermé (mais pas soudé!). Ensuite j'ai
sorti une émouture avec un décrochement façon
Bowie comme le montre Niels Van Der Berg sur Youtube. Ça fera
peut-être un jour un petit utilitaire.
04-JUL-2018
Nouveau jour, nouvel exercice. Voilà un bout
de temps que je veux tester la forgeabilité du 1.2842 que je
ramasse de temps en temps dans la benne de l'atelier de l'usine. Le
manganèse est un élément d'alliage qui facilite la
déformation à chaud. Alors avec 2%, notre 1.2842 devrait
facilement se forger.
J'avais une petite chute de 80 X 22 X 5 [mm].
Ça devrait suffire à faire une des nombreuses petites
lames fixes à plate semelle. Mais laquelle choisir? Alors je me
suis souvenu de la forme du ESEE-3HM. Je l'ai réduit
proportionnellement à 170 mm de long puis encore en Y de 27
à 25 mm. Et nous voilà avec pratiquement un "Brochant"
baptisé "Kogaluc Junior".
Tracé, collage, découpe, report du contour sur une brique
réfractaire et allume la forge.
J'ai d'abord réduit la hauteur à
environ 20 mm tout en contre-forgeant: le barreau s'allonge... Ensuite
je l'ai étiré sur le bord arrondi de l'enclume à
environ 3,5 mm d'épaisseur. Puis j'ai essayé de forger
une pointe toujours sans faire de lèvre de poisson. Ce fut plus
difficile que les autres fois mais j'y suis parvenu tout en gardant
presque 4 mm d'épaisseur. Ensuite j'ai voulu sortir
l'émouture et pendant cet exercice je suis tombé en panne
de gaz. J'ai une bouteille d'avance mais ce sera pour la prochaine fois.
Ce n'est pas écrit mais je corrige
souvent la forme ici et maintenant: redressage si le barreau "banane",
planage lorsque les stries d'étirage sont trop profondes, etc.
Trois soirs de suite, le côté du pouce me fait mal. Alors
en plus de mon gant anti chaleur habituel de la main gauche, j'ai
enfilé une mitaine de vélo dans la main droite. Ça
marche très bien. Chandler Dickinson sur Youtube fait pareil. Non c'est moi qui fait pareil que Chandler.
05-JUL-2018
Rachat d'une nouvelle bouteille de propane en
rentrant du boulot. La vide était du 17-JAN-2017, la recharge de
secours à la maison d'août 2017 à 16.89 et celle du
jour était à 19.39 EUR.
J'ai continué la forge du "Kogaluc Junior".
Gant,
mitaine, bouchons d'oreilles. J'ai sorti davantage l'émouture
(un peu), étiré la semelle (qui a banané dans la
bonne direction). Et une bonne heure de passée. Bilan:
po-ric-tr-cul 1.93-3.20- 1,14..1,75-1.29. Rappel de mon idéal
après usinage
- 2.4-3-1.5-0.8 avant TTH/0.3 après
- 80% du ricasso à la pointe - 0,8 à 1 au tranchant avant
trempe / 1/10 du dos au tranchant après émouture - 50% du
ricasso au cul
06-JUL-2018
Rallumage de forge pour fignoler au mieux le
"Kogaluc Junior". Il y avait encore une sorte de bosse à 1/3 du
dos
de lame que j'ai essayé d'aplatir un peu tout en espérant
élargir encore un peu la lame. Ensuite j'ai mis un coup de
chasse à parer de chaque côté de la lame et de la
semelle (total 4 chauffes). Pour finir, j'ai tapé de ci de
là avec le marteau de 400 g pour tout aligner au mieux. 3
normalisations à l'air pulsé et 1 recuit plus tard tout
est dans les cendres. Températures à l'oeil et à
l'aimant avec une forge bien chaude, un débit de gaz au mini et
une sôle en brique qui a bien emmagasiné de la chaleur.
A ce propos
- le 1.2842 contient un poil de chrome et beaucoup de manganèse.
Ces deux éléments d'addition augmentent la
trempabilité (surtout le chrome). Cela ne veut pas dire que
l'acier sera plus dur (ça c'est le Fe et le carbone qui s'en
chargent à quelques carbures isolés et
disséminés près) mais qu'on a plus de temps pour
passer sous une tempéarture critique qui garantit l'apparition
de martensite. Sur un diagramme (Température, temps)
donné que je vous épargne, on parle d'un "nez" perlitique
qui est toujours vers 600°C. Dans un acier pur (que du Fe et du C),
il est vers 0,6..1 seconde c-à-d qu'on a une seconde au maximum
pour passer d'environ 800°C à 600°C, sinon pas
d'apparition de martensite et pas de dureté.
- ajouter du Cr, du Mn, du V, du Co etc permet de "repousser" à
jusqu'à 2 minutes et plus (aciers dit auto trempant ou trempant
à l'air: le simple refroidissement à l'air fait
déjà durcir l'acier)
- j'ai constaté un certain effet de trempe sur des aciers comme
le 100Cr6 et d'autres même laissés dans des cendres
- bref sans four et un cycle très long, le 1.2842 ne sera jamais
aussi "mou" qu'il peut l'être en théorie. cela m'a souvent
causé des problèmes de perçage plus tard pour la
semelle
- dans cette optique, je suis passé aujourd'hui dans ma boutique
de "machines outils" pour acheter des fôrets carbures capables de
percer des aciers très durs (disons 55 à 58 HRc au
mieux)
- mon aimant pour la forge c'est un flexible qui sert à
récupérer des pièces perdues au fond d'un moteur:
pas très pratique
- dans une boîte précédente un mécano au
fort accent du Sud Ouest (et pas modeste pour un sou: fallait
l'entendre) m'avait montré un outil similaire fait avec un simple tube
d'acier inox et un petit aimant pressé dedans
- j'ai encore deux petits aimants très puissants de 6 mm de
diamètre
- à la grande surface de bricolage, j'ai trouvé un tube d'acier
de 8 mm avec 1 mm d'épaisseur de paroi
- chauffe à la forge et montage en force
- une fois refroidi, l'aimant n'attire plus rien ??? La chaleur sans
doute
- un coup de scie. Léger chauffage, léger chanfrein
forcé avec pointeau et montage pressé à froid.
Ça marche! Dommage que la leçon m'ait coûté
un bon aimant
J'ai mis le "Kegaska" presque 10 min dans le
perchlorure de fer, pour voir un peu la gueule du grain.
Neutralisation, paille de fer, pâte à polir:
- on voit par endroit des traces distinctes des 3 trempes
- y en a des mieux que d'autres
- cela n'a pas l'air régulier et répétable
à mort: en langage qualité ça veut dire "peut
mieux faire"
- bien que les lignes nettes soient à 3 ou 5 mm du tranchant, un
voile remonte plus ou moins à 7 mm du tranchant (pour une
profondeur de goop à 8 mm)
- la proximité entre sortie de forge et bac de trempe me fait
gagner beaucoup de temps par rapport au four de trempe: le voile
était beaucoup plus bas avant avec des limes et le four
- sans doute que pour avoir 1/3 de hauteur de lame trempée, il
faut immergé davantage (par exemple 10 mm pour 8 mm
marqués?)
- pour la répétabilité, il faut sans doute plus
d'inertie thermique et un tranchant avant émouture plus
épais (1 bon millimètre au lieu de 0.8?)
- les aciers de mes limes semblent pauvres en éléments
d'addition favorisant la trempabilité (comprendre absence de
chrome), peut-être que le goop est encore trop lent? On se
souvient que j'ai pété des super lames à l'eau. Il
faudrait un milieu à la drasticité entre l'eau et
l'huile. Problème: ça n'existe pas. Pourquoi ne pas
simplement mélanger eau et huile moitié moitié?
Parce que ces deux liquides ne sont pas miscibles... (pense, jus de
cerveau...) A cause de la tension superficielle... Qu'on peut diminuer
comme le fait la lessive pour que l'eau mouille et
pénétre les tissus, ou le liquide vaisselle pour retirer
le gras de l'assiette et le mettre dans l'eau... J'ai bien envie
d'essayer un mélange eau, huile de colza, liquide vaisselle.
08-JUL-2018
Pas fait grand chose ce weekend. Petit tour en
brocante avec un bonhomme vendant de la ferraille mais avec des prix
hallucinants. Pas la peine de négocier tant on est loin du prix
du marché, le type ne descendra jamais aussi bas, du temps de
perdu et il se sentira insulté.
Fin d'après-midi entre terrasse et garage
- coupe, mise à plat, mise à l'angle droit de deux petits
morceaux d'amourette et de deux morceaux de mirabellier
- collage bout à bout à la colle à bois type D3
dans le but d'en faire deux plaquettes pour le "Kegaska". Je vais
encore y ajouter un intercalaire en fibre, ça fait longtemps que
je n'en ai pas mis et puis ça renforcera cet assemblage tout en
limitant les dilatations du mirabellier avec l'humidité.
Le soir j'ai sorti le back
- finition d'un patron en tôle pour un contour que j'avais en
suspend (le "Kogaluc")
- façonnage grossier du brut du pliant à lentille en
souffrance (le "Kigawa") en prévision de la torsion de la
lentille d'un quart
de tour à la forge
- reprise de l'émouture du "Kegaska": affinage du tranchant au
P120 et finition/blanchissage des émoutures à P220 et 400
- polissage P120 et 220 du marteau rivoir de 500 g des Forges de
Vulcain Paris. Il servira peut-être à la forge?
09-JUL-2018
Pas mal pour un seul soir mais demain c'est
France-Belgique, y a relâche. Pas du tout footeux je suis, mais
juste pour les Mondial et Euro si la France ne se fait pas éjecter tout de
suite. "Le patriotisme c'est l'amour de son pays, le nationalisme, la
haine de tous les autres"
- Sablage du brut du "Kogaluc Junior"
- polissage à la main de la lame du "Kegaska" jusqu'à P400
- forge à froid assez violente du "Kogaluc Junior" avec le Hofi
de 1.4 kg après que la massette Picard de 2 kg rebondisse
bizzarement. Lame et semelle sont restées planes et
alignées
- Façonnage du contour (dit détourage) du "Kogaluc
Junior". Bilan:
po-ric-tr-cul 1.46-2.98- 1,4..1,7-1.27 (idéal 2.4-3-0.3-1.5)
- Forge et torsion de la lentille du "Kipawa", mise à plat, 3
normalisations prépondérantes de la lame à l'air
pulsé à la forge, à l'oeil et à l'aimant et
un recuit prépondérant de la semelle dans les cendres
- retouche du petit utilitaire free style que je veux faire avec un Carl
Schwarte. Ce dimanche j'ai vu qu'il me fallait une petite lame bien
coupante au garage. Planage à la chasse à parer, mise
à plat ponctuelle au marteau, 3 normalisations
prépondérantes de la lame à l'air pulsé
à
la forge, à l'oeil et à l'aimant et un recuit
prépondérant de la
semelle dans les cendres
- collage à l'époxy d'un l'intercalaire en fibre noir de
0.8 mm sur les plaquettes amourette/mirabellier destinées au
"Kegaska" (égrénage à plat des plaquettes au P60,
égrénage de la fibre au P80, dégraissage des
surfaces de contact, mise sous presses légères)

Les plaquettes composites sous presse.
10-JUL-2018:
Y a des jours comme ça...
Bon je suis un peu redescendu et encore une fois il
faut y voir le positif, ce qu'on apprend, bref l'effort perdu
sert à financer l'apprentissage.
- J'ai sablé l'utilitaire forgé sur base Carl Schwarte en
75Cr1
- J'ai sablé le "Kipawa" et j'ai percé le trou du pivot
- et pour finir, venons en au "Kogaluc Jr"
- en marquant les centres des perçages, j'ai
pété le cul de la semelle à deux endroits (au moins j'ai
pu voir le grain: très fin même si ce n'était pas
aussi fin que sur des carbones tout simples)
- j'ai pété deux fôrets carbure
de 3 et 6 mm (total 30 EUR) sur la semelle
- plus on va vers la partie fine de la semelle plus
elle était dure. Ça partait très bien avec les
fôrets carbure, puis en un instant un point dur sans doute et
patch.
- je suppose que la finesse du matériau le
fait se refroidir plus vite et ce dernier trempe un peu
- la fiche technique de Böhler par exemple
donne un recuit d'adoucissement partant de 680..720°C pour arriver
à 600°C en maximum 20°C/h (soit 5 heures si on part de
700°C). Pas mal d'heures de four pour si peu de métal
- ma crainte de difficulté de recuit puis
d'usinage du 1.2842 était fondée
- dommage, j'avais une source de chutes, une bonne
forgeabilité. Faut peut-être taper des trous trop gros
à chaud façon Cy Swann
- un bout de plat d'acier de construction
découpé dans la paroi d'un tube carré a
été soudé au cul du "Kogaluc Jr."

En haut le "Kipawa", en bas le "Kogaluc Jr." kaputt...
11-JUL-2018:
on est en fifi, on en nanale, on est, on est, on est en finale
Ça bosse ce soir:
- Sortie de presses des plaquettes "composites" mirabellier amourette
du "Kegaska" et retrait de l'excès d'intercalaire au back,
histoire de pouvoir bien aligner les plaquettes avant perçage.
- Détourage du cul réparé de la semelle du
"Kogaluc Jr."
- "Planage" au back des 4 faces des "Kogaluc Jr.", "Kipawa" et
utilitaire C. Schwarte: le cul réparé du "Kogaluc Jr."
est trop fin, on y verra un gros excès d'époxy
- Taillage des émoutures à main levée P60, 120,
220 et 400. Pour une fois, le résultat est meilleur que
d'habitude: état de surface régulier, pas de gros
défaut dans un coin
- "Kogaluc Jr." tranchant entre 0.60 et 0.90,
quelques piqûres de forge
- "Kipawa" tranchant entre 0.5 et 0.8, plus de
piqûres de forge restantes
- utilitaire tranchant entre 0.3 et 0.5, aucune
trace de forge, le trou refermé est forcément une fissure
traversante et il y en a deux autres sur le côté gauche
près de la pointe.
- y a pas à dire, les
pré-émoutures issues de forge, ça fait gagner du
temps d'usinage et l'angle déjà présent guide
mieux l'ensemble le long de la bande

Le "Kogfaluc Jr." réparé...
12-JUL-2018:
Saint Olivier ou pas, c'est pas ma s'maine...
J'ai poli à la main les 3 lames en suspend,
"Kogaluc Jr.", "Kipawa" et utilitaire. En passant de P120 (car
malgré mes efforts au back, il restait de grosses stries
cachées) au P240, la paresse m'a fait enroulé le P240
autour d'une lime et vas-y que sans m'en rendre compte, j'ai
taillé de profondes rayures longitudinales dans les lames,
toutes! Mais quel con!
Il m'a fallu les sortir à la lime tant elles
étaient profondes. Et rebelote, P80, P120... 2 heures de plus,
les doigts crades. Pour voir que j'ai sacrément diminué les
épaisseurs de tranchants, surtout sur le "Kogaluc Jr." (le plus
prometteur) où une partie est arrivée à...
Zéro. Mais quel con! Entre les 30 EUR de fôrets carbure
foutus, le cul du manche pété, ressoudé, re
façonné et à présent, un tranchant qui va
sans doute voiler à outrance à la trempe, le mieux est de le balancer
à la poubelle.
13-JUL-2018
J'ai racheté aujourd'hui 2 fôrets
carbure identiques à ceux de la semaine dernière et deux
remplaçants de qualité un peu moindre: 56.80 EUR qui
serviront plus longtemps je l'espère.
J'ai percé les plaquettes
amourette/mirabellier du "Kegaska". La semelle a de gros défauts
de planéité et n'est pas très jointive.
J'ai fini par me décider pour un morceau de
bois serpent parmi mes chutes FTFI pour faire le manche du pliant
"Kipawa". Je cherchais un bois plus veiné mais je n'avais rien
d'assez grand dans la gamme ayant aussi une résistance
mécanique digne de recevoir un axe, sauf à coller deux
morceaux ensemble. J'ai préféré une variante
monobloc. Je l'ai raccourci. Je vais tacher d'y percer le trou d'axe
(deux faces sont "usinées" et perpendiculaires) et de le scier
proprement en deux à la scie circulaire sur table.
Je suis revenu à mon système de
chauffage par induction. Un transistor avait pété la
première fois. Réparation faite, j'avais refait un essai
avec une alim' 24 V limitée à 7.5 A dont le fusible
sautait immédiatement. J'ai enfin réalisé deux
cables pour y mettre mon ampèrètre (du multimètre)
et voir ce qu'il se passe. J'ai limité mon alim' 36 V 20 A
à 24 V en sortie et nouvel essai: bilan environ 11.70 A à
vide. Ça semble tenir: le ventilo de la platine ZVS tourne. J'ai
approché un peu une lame et le courant est monté à
12.5 A tandis que la lame chauffait sans changer de couleur. Le tube en
cuivre a commencé à changer de coloration car il chauffe
aussi. J'ai arrêté et je vais y adjoindre un circuit de
refroidissement avec une petite pompe et un réservoir d'eau
assez grand avant de continuer les essais. Pour l'instant c'est
prometteur. On y croit!
14-JUL-2018
J'ai coupé un bout de ma tige d'acier de 3
mm. Impossible d'y enfiler le "Kipawa". Il aura suffit de quelques
passes au P220 pour que tout glisse à la limite du coincement.
J'ai anticipé au mieux la position du pivot et j'ai percé
à 3 mm mon morceau de bois serpent. La face "usinée"
était contre la table de façon à ce que le trou du
pivot soit perpendiculaire. C'est aussi de cette face qu'il faudra se
servir avec la scie sur table pour couper le morceau en deux et avoir
des faces le plus parallèles possibles (et donc toujours
perpendiculaires au trou du pivot).
La butée en position fermée devra
être un second "clou" qui viendra se loger dans le casse-goutte.
Je ne veux pas que le tranchant repose contre l'intercalaire central
même s'il est en bois non agressif pour le tranchant.
J'espère trouver dans mes tiroirs un clou assez long de 2 mm (et
pas 1.89, histoire de faciliter le perçage). Dois-je
prévoir un tube passe-dragonne pour un pliant? Remettre des
aimants pour assurer la fermeture en cas de pivot un peu lâche?
Je n'ai aucune vis pour ces petites dimensions et pour l'instant, je
compte mâter le pivot sur de petites rondelles M3 pour ajuster le
pincement de la lame.
Voilà de longues semaines qu'un petit
garçon de 6 ans veut que je lui montre comment on fait un
couteau. Il s'est pointé cet après-midi alors on a
commencé le projet "H21". Cherchez pas un nom de cours d'eau du
Québec, rien à voir, c'est une histoire entre lui et moi.
On a dessiné un fixe sur soie courte avec une garde (pour plus
de sécurité). On a reporté la forme sur de
l'X46Cr13 de 2.5 mm et en avant
- découpe à la disqueuse
- façonnage du contour au back
- casse goutte à la lime
- lignes d'attaque à la lime
- arcs de cercles dans la soie courte (pour une meilleure accroche de
la colle)
- émouture plate à main levée au back (P60, 120,
220 et 400) avec un tranchant laissé à 0.8 mm
- finition des congés derrière le ricasso à la
Dremel
- choix d'une chute pour le manche en cocobolo du Mexique
- choix d'une garde non pas en alu comme prévu au départ
mais en résine acrylique aux couleurs de Spiderman (il parait...)
- perçage du manche
- perçage de la garde (2 mm devant, 4 mm derrière)
- rectif de l'ouverture dans la garde à 2.5 mm à la lime
Le projet prévoit encore
- un intercalaire en fibre rouge entre manche et garde
- un rivet alu de 3.2 mm collé et maté pour retenir le
tout
- un tube passage dragonne de 4/6 mm en alu
- une gravure avec l'inscription "H21"
- un étui? Ouais on verra, rentre chez toi maintenant gamin...
16-JUL-2018
Moins de progrès sur le front coutelier. Bien
que pénible à percer et usiner, j'ai trouvé une
bague exétérieure de roulement dans la benne de la
maintenance de la maison mère de ma boite. Dext 72 mm, largeur
37 mm. Il y a très peu d'épaisseur de métal. Y a
juste à ouvrir et dérouler pour avoir un plat où
façonner une lame.
Sinon, j'ai fait un premier essai de graveur laser
sur des plats d'acier ordinaire recouverts de vernis à ongle
noir avec 50, 75 et 100% de puissance. Même à 100% de
puissance, le laser brûle à peine le vernis. C'est mal
barré l'expédition Jedi...
17-JUL-2018
Quelques frais: commande en Chine d'un
combiné digital voltmètre et (surtout)
ampèremètre pour surveiller mon système de
chauffage par induction ainsi qu'une toute ch'tite pompe à eau
pour le refroidissement du tube de cuivre.
La mise au point du rayon laser du graveur (point
net sur la surface à graver) fait "voyager" un peu le spot
lumineux en X-Y. La faute au jeu dans le filetage de la lentille. J'ai
mis deux tours de Téflon dessus pour diminuer tout cela et
voilà que plus rien ne marche? Je vais me coucher...
18-JUL-2018
Bon j'abandonne, au moins momentanément, le
graveur laser pour obtenir mes logos et je reviens sur la solution
précédente vu qu'il faut bien avancer, nom de Dieu! On se
souviendra que j'avais acheté des stencils à
développer chez soi chez le représentant anglais de la
société américaine Etch-O-Matic: une dizaine de
stencils de 2" X 2.5" (environ 50 X 68 [mm]) et un flacon de
révélateur.
Mon problème actuel, c'est le masque (qui
sert à empêcher les UVs de "cuire" la partie du stencil
qui devra laisser passer l'électrolyte et le courant plus tard):
le toner des nouvellles imprimantes n'est pas assez épais pour
être opaque. J'ai longtemps cherché à régler
le problème de façon informatique "molle" mais je me suis
rabattu par dépit sur une solution "dure". Imprimer deux masques
et les superposer. Victoire! J'esplique...
- imprimer son logo (à l'endroit) à l'imprimante laser
(ou jet d'encre pourvu que ce soit bien opaque) sur deux feuilles
transparentes
- découper, superposer, fixer (moi j'ai collé à la
cyano) les deux logos identiques sur les deux feuilles (c'est bien plus
opaque)
- prendre un morceau de stencil de taille adéquate (pour ma
taille de logos, je peux en faire 6 par feuille 50 X 68 et j'ai eu 11
feuilles - erreur I guess- soit 66 stencils potentiels)
- enlever les deux films de protection de part et d'autre du stencil,
dans un endroit avec très peu de lumière (c'est une merde
à décoller, alors penser dans le noir en plus...)
- le stencil a un côté rugueux et un autre lisse: c'est le
rugueux qu'il faut exposer à la lumière
- sous une lampe UV (moi un bidule pour ongles à pose de gel de
chez pas cher en Chine) masquer le stencil avec le masque
- exposer 3 minutes (ma lampe a une ampoule UV de 9 W)
- bien secouer le flacon de révélateur (ou est-ce
plutôt du fixateur? Le nom anglais est "developper") et faire
tremper le stencil 10 minutes
- au bout de 5 minutes, on peut commencer à frotter
délicatement la zone non insolée du stencil avec un
coton-tige
- on rince à l'eau et on laisse sécher
- nous voilà avec un stencil fait sur une petite grille dont
certaines ouvertures sont bouchées par l'émulsion durcie
aux UV
Y a plus qu'à essayer sur une lame... (12 V, eau salée,
coton-tige, pince croco: du classique)
J'ai un peu continué à agrandir
aux limes aiguilles l'ouverture de la garde en résine du "H21"
19-JUL-2018:
du progrès...
J'ai trouvé un second roulement identique au
premier dans la benne à métaux de la maison mère,
complet cette fois
- j'ai récupéré 11 billes de 11.10 mm de
diamètre (ça pourra servir à mater des tubes de
passage dragonne)
- des inscriptions: KNOTT45887-11 SNH3972RRS-2 0603
(trop facile avec Google) Knott est un fabricant de
remorques, axes, essieux. d=39, D=72, L=37, 2 rangées de billes,
étanche
Fabricant SNH, un Chinois sur le site duquel on
apprend que billes et bagues non inox sont en GCr15 (un
équivalent de 100Cr6) obtenu par "dégazage sous vide".
Avant d'essayer mon stencil sur le "Kegaska", j'ai
poli la lame aux disques sisal/coton aux pâtes noires/vertes,
dégraissage, bain perchlo de quelques minutes, polissage (paille
de fer, scothbrite 3M, pâte à polir les métaux),
deux fois de suite. On voit des lignes de trempe (sur une hauteur
d'environ 6..7 mm), pas super bien, des zones non homogènes dans
la partie courbe du tranchant, des lignes longitudinales le long du
tranchant plus espacées que vers le dos de lame.
Mon alimentation 12 V (pour la gravure
électro-chimique) a été modifiée
pour sortir également du 12 V alternatif. Il suffit d'aller
faire un "piquage" en sortie de transfo avant redressement du courant.
Un interrupteur à bascule permet d'envoyer en sortie soit le
continu, soit l'alternatif. Le continu sert à creuser le
métal, l'alternatif enlève, puis redépose du
métal ce qui permet de noircir le logo.
Alors la gravure a marché mais j'ai dû
creuser trop longtemps: les contours sont moins nets car le courant a
commencé à creuser sous le masque. Ensuite la
dépose a
diminué la profondeur de gravure. Du coup le logo est moins
profond et un peu diffus. Il faut jouer avec la lumière pour
bien distinguer les contours. En tout cas, il a suffi de laver le
masque et recommencer sera facile et rapide.
20-JUL-2018
Dans la benne de l'usine, un ressort de traction
avec un fil de 3 mm (pour un éventuel backstand maison ou une
réparation?) et 3 fôrets de 8.5 mm fichus. Ils me semblent
réaffûtables. A sacrifier pour des trous
d'allègements dans des aciers mal recuits et trop durs avec les
outils?
22-JUL-2018
Mécontent de la révélation du
"Kegaska" au perchlo, j'ai recommencé. Avec une autre
séquence. Ponçage à P400 (le logo est bien
ressorti), dégraissage et 7 minutes dans le perchlo.
Neutralisation dans un bocal d'eau avec du liquide vaisselle. Puis
polissage à la pâte (Autosol) qui me sert pour les chromes
des pots de mes BMW. Deux fois. Finition à la paille de fer. On
voit diverses lignes de trempe parallèles au tranchant avec des
singularités dans la partie ventrue (déjà
présente après trempe) et à la pointe (trop
chauffée lors de l'émouture?).
J'ai façonné jusqu'au polissage
à la pâte 40 microns (spéciale bois) l'avant des
plaquettes composites amourette/mirabellier du "Kegaska". Je vais
tacher de sabler la semelle du "Kegaska" au boulot demain pour un
collage prévu demain soir.
J'a affûté au touret à meuler 2
des 3 forêts sauvés de la benne. La pointe du dernier est
irrécupérable.
23-JUL-2018
Sablage de la semelle du "Kegaska" au boulot. Le
soir collage des plaquettes après dégraissage des
surfaces. Mise sous presses et retrait des rivets temporaires: Je
mettrai les définitifs après façonnage du manche
avec un collage et un matage en place. J'ai également
percé la semelle du petit utilitaire Carl Schwarte avec les
fôrets carbure: du beurre, alors j'en ajouté 4 trous de
7.5 mm au fôret "ordinaire" pour l'allègement.
24-JUL-2018
Rentré extrêmement tard du boulot, il
fallait que je me détende. Plus le temps de faire du sport (et
puis par cette canicule, c'est un coup à clam'ser
bêtement), j'ai sorti le "Kegaska" des presses et à coup de
P40, j'ai ramené le contour des plaquettes jusqu'à la
semelle. 120, 220 et 400 pour lisser les chants. Traçage d'une
sorte de contour en forme de bouteille de coca que j'ai encore
dégrossi au back à main levée. Pour le moment
c'est du "bof bof" mais je sais qu'une fois poncé à la
main et bien arrondi, ça devrait le faire.
Non rassasié de coutellerie, j'ai voulu
affiner la garde en acrylique du "H21" de 2 mm en me servant de ma
perceuse Bosch PBD40 comme d'une fraiseuse. On tangente, on met la
jauge numérique à 0 et on descend de 2 mm. On bloque tout
et on passe l'étau sous la fraise jusqu'à ce que tout
disparaisse. Alors je ne sais pas ce qui s'est passé mais la
fraise n'est pas resté à Z constant et voilà une
garde de niquée. Putain de bordel de merde. J'aurai dû me
douter qu'une telle journée au boulot, puis sur la route ne
pouvait pas bien finir! Au plume!
25-JUL-2018
J'ai commencé à façonné
à la main le manche du "Kegaska". Pas facile de faire une forme
bouteille de coca bien symétrique. J'ai fini par sortir la
râpe à bois. Et à la fin après de multiples
ponçages de plus en plus fins, de profondes stries issues de la
râpe sont ressorties. Il faudra reprendre demain.
26-JUL-2018
Avec du P80 autour de ma lime demi-ronde demi-douce,
j'ai repris au mieux la symétrie du manche du "Kegaska". Nouveau
ponçage à la main P120, 180, 320 et 600. Il faut
éviter d'associer des matières avec des duretés
trop différentes: cela fait toujours des sauts au niveau des
jointures au moment du ponçage. Ici le mirabellier est vite
poncé alors que l'amourette résiste bien. Il devient
facile de creuser une matière plus que l'autre sans le vouloir.
Polissage au
disque avec pâte 40 microns. C'est beaucoup mieux mais
après polissage il reste des stries: reprise P180, 320, 600 et
polissage. Il en reste. Aaargh. On continuera demain ou plus tard. J'ai
coupé les deux rivets et le tube en laiton.
27-JUL-2018:
enfin en vacances
Le soir j'ai repris le polissage pour sortir les
derniers défauts du manche du "Kegaska". J'ai fait un montage
à blanc des rivets: trop de coincement dans la semelle, pas dans
le bois percé en surcote de 0.1 mm (difficultés de
sortie, marquage des plaquettes, nouveau ponçage) et le rivet du
milieu est trop court de 0.5 mm. Coupe d'un nouveau rivet et chanfrein
à 45° de tous les trous en vue du matage. Pour mater le tube
de diamètre intérieur 5 mm, il faudrait une bille de 5 X
racine carrée de (2) soit environ 7 mm.
28-JUL-2018
A la lime, j'ai réalisé 3
méplats à 120° sur les deux rivets et le tube passage
dragonne du "Kegaska". Les méplats ne vont pas jusqu'aux
extrémités de façon à ne pas se voir
après ponçage. Les méplats servent de
réservoir de colle car le montage semble trop serré. Les
zones encore rondes seront bien ajustées dans les trous de la
semelle. Bref, collage, montage et matage des rivets au marteau. Pour
le tube, j'ai utilisé deux écrous borgnes M5
(diamètre de la demi-sphère environ 7.4 mm) avec le
couteau pris en sandwich dans l'étau. Ça a très
bien marché. Le montage au marteau a encore fait des marques sur
le manche. Pas la peine de poncer autant avant. C'est au moins la
quatrième fois qu'il me faut poncer à nouveau.

Oui je sais, vous vous dites: "pu**** qu'il est malin!" Mais non, mais
non :)
Au back, à coups de P120, 220 et 400, j'ai
raboté la quincaillerie en laiton jusqu'au niveau du manche. Le
manche a encore pris des traces! Heureusement que je n'avais pas encore
poncé. Mais cette fois, c'est la bonne: une dernière
reprise à la main au P180, 320 et 600 avant un polissage au
disque coton avec pâte 40 microns. Nettoyage du manche au
décireur.
J'ai enlevé la protection de lame et j'y ai
mis le tranchant
- d'abord avec la meule à eau et un guide donnant environ
16° d'un côté et 17 de l'autre (mesure à
l'inclinomètre numérique chinois)
- puis avec ma "pierre" diamantée DMT à P325
- et enfin avec le cuir enduit de pâte 2 microns.
Le "tranchant" c-à-d la bande meulée, est large avec
environ 1.5 mm (ce qui n'est pas joli) indication d'un angle au sommet
assez fermé (16+17=33°) et d'un fil trop gros (juste
derrière le tranchant on a environ 0.8 mm d'épaisseur de matière). Malgré la
pierre grossière donnant beaucoup d'agressivité, surtout
en coupe en sciant, le couteau rase (merci le cuir).
J'ai commencé à huiler le manche au
long de la journée
- 3 couches de mélange huile de tung /
térébenthine / siccatif (49.25/49.25/1.5%) puis
- 1 couche de mélange huile de tung / siccatif (98.5/1.5%)
En journée, des voisins et la mairie ont
installé un banc public sur la petite surface verte devant chez
moi. Une latte du banc était manquante et elle a
été remplacée par une autre trop longue,
ramenée à la longueur. Ils ont pensé à moi
pour la chute. Le bois semble exotique et très dur sans
être dense. A la zone coupée il se dégage une forte
odeur (d'huile essentielle j'imagine). Pesée et prise de
dimensions résultent en une densité de l'ordre de 0.65.
29-JUL-2018
Suite du traitement du manche du "Kegaska" à
l'huile de tung, le matin et le soir avec les deux dernières
couches de mélange huile de tung / siccatif (98.5/1.5%).
30-JUL-2018
J'ai mis le
"Kegaska" au soleil une bonne partie de la journée pour
accélérer le séchage de l'huile de tung. Plus tard
j'ai passé deux couches de cire de carnauba au disque à
polir et comme je n'étais pas encore satisfait, j'ai fini par
deux couches de cire d'antiquaire.
Plus tard, vite fait sur le gaz, j'ai
assemblé par collage un simple étui peu rigide à
base de cuir de siège auto et avec un martyr
découpé dans un cuir plus épais issu de mon
très vieux sac d'école. J'ai mouillé
l'étui, emballé le "Kegaska" dans du cellophane et mis le
tout sous presse. Je pars mercredi en vacances et j'aimerai prendre le
couteau pour le tester un peu mais il est peu probable que je trouve le
temps demain de fignoler le contour et d'y mettre quelques coutures.
Faut faire les valises. On verra...
Mon ordinateur vient de rendre l'âme. Il
refuse démarrer. J'ai beaucoup de texte du site à encore
publier (en mécanique aussi). J'espère pouvoir remettre
la main sur les données. En tout cas, c'était ce soir que
je voulais mettre en ligne la mise à jour avant de partir en
vacances. Je crois que ça va devoir attendre.
31-JUL-2018
La dernière fois que j'ai mis un étui
en cuir humide sous presse, il a fallu trois joirs pour qu'il
sèche. Il faut dire que la mousse qui l'entoure empêche
sans doute l'eau de s'évaporer. Ce matin l'étui à
la va-vite du "Kegaska" était déjà très
sec. J'ai vite retaillé la largeur du martyr, fignolé le
contour au back, fait une rainure à la rainette (je crois que
c'est le bon nom), marqué les points avec l'outil à
roulette, percé des trous de 2 mm, fait la rainure de l'autre
côté et commencé à coudre. Bon c'est loin
d'être parfait mais ça fera le job du transport en
vacances.
Pour une fois le couteau n'a pas rouillé
(rappel: en général même avec le cellophane, ce
genre d'expérience chez moi, ça rouille toujours). Tout
juste une sorte de ligne qui suit le bord du ruban à masquer que
j'avais mis sur le tranchant. On dirait une ligne de trempe
supplémentaire. Elle ne partira qu'avec de la pâte
à polir les échappements (ni alcool, ni acétone)
preuve que c'était bien de la corrosion. Le manche colle un peu.
J'ai retrouvé ma corde de
polypropylène dans le garage et j'en ai profité pour
faire quelques coupes. Bof c'est pas folichon. Mais en fait aucun
couteau en ma possession (du commerce ou fait par moi) ne brille dans
ce test. Alors je sors mon petit EDC du moment. Un "Borel V" en
100Cr6 qui m'épate chaque jour davantage: ça coupe
ça coupe ça coupe. Je fais tout avec, la pointe est
très rigide, tranchante et précise. Je m'en sers souvent
comme d'un cutter. Le "Borel V" est encore plus à la peine que
le "Kegaska" sur le polypropylène.
Pourtant, après le test de coupe où
l'on croit que les tranchants sont déjà
émoussés, ça coupe toujours pareil: papier, ongle,
cheveux... Nan c'est bizarre le polypropylène. Bon j'ai remis un
coup de DMT et de cuir sur le "Kegaska" pour les vacances histoire de
partir avec le "plein".
J'ai reçu par la poste mon shunt 50 A et
l'afficheur pour mon kit de chauffage par induction. Manque plus que la
pompe à eau pour continuer les essais, bien après les
vacances sans doute.
08-AOU-2018: retour de vacances
J'étais une petite semaine dans les Abruzzes.
C'est vraiment une chouette région. Plein d'oliviers partout. En
me baladant à Introdacqua, j'ai pu trouver une branche d'environ
3 cm sciée par je ne sais qui d'un côté et
laissé là. Avec le "Kegaska" utilisé tant bien que
mal en mode coupe-coupe, j'ai pu me prendre le plus gros morceau
d'environ 35 cm de long. Le tranchant n'avait rien malgré la
dureté du bois et la violence de mes coups.
Au marché de Sulmona, j'ai trouvé une
lime pour chaine de tronçonneuse de 150 X 4 [mn] de la marque
Nicholson mais non pas made in USA ou Holland mais Brasil. Tout fout le
camp. Voilà longtemps que je cherche deux limes rondes de 3 et 4
mm pour faire des casse-gouttes. La 4 mm est donc présente au
contingent de mes limes.
Et pour finir, toujours à la recherche de
chutes d'olivier, c'est à Bugnara que j'ai trouvé un
morceau exceptionnel. J'ai d'abord cru à une pierre vue la
coloration (blanchie) et le poids. Je l'ai jeté au sol sur une
pierre mais le bruit sourd m'a fait douté de sa nature.
Serait-ce du bois? Le soir j'ai fait sauter toute l'écorce pour
"voir" en dessous. Un bon quart d'heure à refaire du
coupe-coupe. On dirait le pied de l'arbre. Mais pas de doute c'est du
bois super dense et vue la couleur et le dessin, c'est de l'olivier. On
va voir ce qu'on pourra en faire. Le "Kegaska" coupe toujours autant.
Il tient remarquablement bien le choc.
Sans compter que le premier jour, j'ai dû
couper un énorme carton en petits morceaux afin de le faire
disparaitre dans une poubelle publique. Le "Kegaska" est sans doute un
de mes meilleurs couteaux du point de vue fonctionnel alors que je l'ai
austénisé à la forge, à l'oeil et à
l'aimant.
Pour finir la pompe à eau chinoise pour
refroidir mon serpentin du chauffage par induction est arrivée
dans ma boite aux lettres.
09-AOU-2018
A force de jouer avec le "Kegaska", je pince souvent
le tranchant entre pouce et index pour jauger l'épaisseur ou la
variation d'émouture. Par curiosité, j'ai fait de
même avec deux lames du commerce: mon Enzo Trapper en D2 à
émouture plate et mon Fallkniven F1 en VG10 laminé
à émouture convexe très prononcée. Bien
qu'ayant l'épaisseur de dos lame la plus faible des 3, je crois
que juste derrière le tranchant, c'est mon "Kegaska" le plus
épais. Pour en avoir le coeur net, j'ai fixé
l'écart de mon pied à coulisse à 1.2 mm et j'ai
jaugé les épaisseurs pour marquer leur position.

Dos de lame Enzo 3.6 mm, F1 4.5 mm et "Kegasaka" 2,7..3 mm.
La ligne "d'iso-épaisseur" à 1.20 mm du "Kegaska" est la plus proche du tranchant.
11-AOU-2018
Bon je vous parle souvent coutellerie et bricole
mais de temps en temps je vous parle furoncles, verrues, hallus valgus
et autres problèmes perso. En rentrant de vacances, machine
à laver HS. Un soucis d'électronique d'après mes
quelques recherches. Pièce à 200 EUR au pifomètre
et sans doute encore 150 d'intervention. Machine de MAR-2003, 15 ans et
demi de bons et loyaux services. Bon, adieu et achat d'une nouvelle.
J'ai passé 2 petites heures à dépiauter l'ancienne
en espèrant récupérer le moteur pour en faire un
back éventuel un jour.
Le moins qu'on puisse dire c'est qu'un lave-linge regorge de trucs utiles pour de la bricole:
- un moteur
- une pompe à eau
- une électrovanne
- 4 pieds filetés réglables
- 2 amortos (pas récupéré)
- des ressorts (pas récupéré)
- des durites, des colliers, des tuyaux plastiques passant allègrement d'un diamètre 40 au diamètre 6 !!!
- une résistance (pas récupérée)
- etc etc etc
La conception me rappelle beaucoup l'automobile, tout est
rationalisé, plein d'astuces, on fait simple et robuste. Bref
850 EUR en 2003 pour ça, j'ai un peu mal à mon anus mais
bon.
Je vais sans doute déjà pouvoir me
servir d'un petit tuyau souple pour ma pompe à eau qui servira
au refroidissement de mon chauffage par induction.
12-AOU-2018
Petit tour en brocante et hormis la rencontre
de MJM, une enclume de 120 kg sur billot non présente à
350 EUR (!) j'ai encore acheté 3 grandes limes. Que
vais-je faire de toutes ces limes?
- ume lime plate à main Magot Vesoul de 300 X 29 X 7 [mm]
- une lime plate à main sans marque de 250 X 24 X 5 [mm]
- une lime triangulaire Offermann de 310 X 7..22 [mm]
17-AOU-2018
Vous l'aurez remarqué, j'écris ici une
sorte de journal, sans plan réel, juste de quoi laisser une
trace de mes petits travaux avec leurs résultats plus ou moins
heureux, en espérant que ça me serve à la
relecture si besoin, ou à d'autres. Bien qu'en vacances mais
plus pour longtemps, je n'ai guère de courage pour aller forger.
Je déprime un peu mais c'est une autre histoire.
Pour une fois je vous livre quelques
réflexions qui me sont venues lorsque je remplissais le tableau
de la
galerie pour le "Kegaska". En
essayant de déterminer un ordre de grandeur de la dureté
du tranchant avec d'autres lames de dureté connues (connues par
ce que le fabricant en publie; pas par des mesures que j'ai pu faire),
je me suis aperçu que j'étais assez "bas" avec 58
HRc environ. En général, je sors beaucoup plus (voir
trop) haut avec mes autres bricoles.
Pourquoi? Les limes de brocante que j'utilise
cassent toutes bien nettes lorsque je fais un essai de
trempabilité sauvage à la forge et à l'eau. Dans
la plupart des cas, j'ai pu constater que les recuits d'adoucissements
simples (dans des cendres) suffisent à rendre la semelle
facilement perçable. La conclusion est que ces aciers ne
contiennent pas (ou pas assez) d'éléments d'addition (Cr,
Mn) pour augmenter significativement la trempabilité (sinon les
recuits d'adoucissement simples ne fonctionneraient pas et je
péterai moultes fôrets en perçant la semelle; voir
mes essais récents avec le 1.2842 et mes fôrets carbure
pétés par lots entiers).
Les lames sont des objets fins, qui peuvent
être vite refroidis. On lit souvent sur les forums que la plupart
des aciers qu'il faut tremper à l'eau se trempent aussi à
l'huile si l'épaisseur est faible. Le bris d'une lame
très prometteuse m'a fait renoncer à l'eau il y a
plusieurs mois pour les limes. J'estime le goop un peu plus drastique
que l'huile de colza (à cause de la chaleur latente de
changement d'état; solide vers liquide). Mais il semble qu'avec
mes dernières réalisations sur base de limes, ce n'est
pas optimal même si la dureté finale est plutôt
bonne pour un couteau.
On notera qu'en coutellerie artisanale, sur des
couteaux de types poignards de 7 à 10 cm et de 3 à 5 mm
d'épaisseur, un "idéal" de 59 HRc semble s'être
imposé avec des aciers homogènes (donc pas les
laminés, ni les Damas) et trempés intégralement.
Bon compromis entre solidité, tenue de coupe et facilité
d'affûtage. Personnellement je souhaite obtenir des tranchants
à 61..63 HRc. Je sacrifie de la solidité car je veux un
outil coupant, longtemps, bien, plutôt qu'une barre pour faire
levier.
Cependant, on peut imaginer des cas exceptionnels
où l'on a besoin de faire levier sans rien d'autre sur soi que
sa lame. C'est pour cela que j'aime les lames en
aciers laminés (sorte de compromis dureté
solidité idéal) ou les trempes sélectives
(compromis un peu moins idéal). Donc comment faire pour tremper
en sélectif mes lames en limes (c'est marrant ça, lame en
lime, l'amant lime?) à 61..63 HRc. Revenir à l'eau. Sauf
que moi je ne fais pas assez de lames pour accepter 10 à 20
% de perte comme les Japonais. Sachant surtout que je compte continuer
à faire des trempes triples (plus là dessus un autre jour
mais je renvoie au petit séminiare d'Ed Fowler filmé en
2007 sur Youtube), sur 10 lames, ça fait 30 trempes à 15%
de perte en moyenne 0.15 * 30= 4.5 lames perdues sur 10 (3 trempes par
lame donc 3 chances de la péter au lieu d'une chez les Nippons).
Pas glop.
Il me faudrait trouver quelque chose de plus
"doux" que l'eau et plus rapide que le goop ou l'huile. Je continue
à songer à mon mélange 50/50.
Seconde réflexion au sujet des nombreuses
chauffes et de mes lames souvent trop fines après la forge. Une
partie de la "peau" de la pièce se décarbure. On lit
souvent qu'il faut laisser au moins 1 mm de surépaisseur
partout. J'ai enfin pu trouver récemment une donnée
chiffrée à ce sujet en cherchant des publications sur le
100Cr6. Il s'agit de "
Effects of Heat Treatments on Steels for Bearing Applications",
apparemment public sur le Net (d'où mon lien). Dans un four
à atmosphère non inerte (avec de l'air et donc de
l'oxygène quoi), en 30 min à 843°C, la couche
décarburée sur le 100Cr6 fait 75 microns (0.075 mm!).
Alors cette valeur varie en fonction de la composition de l'acier (nul
doute que les 1.5% de gros atomes de chrome doivent aidés ici)
mais ça donne une bonne idée. Avec des tranchants de 0.5
à 1 mm avant trempe on est normalement largement à l'abri.
A propos de gros atomes. Ne vous êtes-vous
jamais demandé pourquoi le carbone se diffuse si vite ou
pourquoi le chrome améliore la trempabilité? Le premier
est petit et file partout sous l'effet de l'agitation
moléculaire lorsque qu'il est plein d'énergie (chaud!).
Le second est gros et même à 800°C, il gêne tout
le monde dans le réseau cristallin, empêchant la ferrite
et la perlite d'apparaitre si vite. C'est un gros monsieur qui obstrue la
porte par laquelle le petit carbone veut passer aussi.
Cherchons les "tailles" sur Google (on tape rayon atomique du fer, etc)
- Fe: 126 pm (1 pico mètre = 0.000 000 000 001 m)
- C: 70 pm
- Mn: 0.126 nm soit 126 pm
- Si: 111 pm
- Cr: 128 pm
- Mo: 145 pm
- V: 135 pm
- W: 137 pm
20-AOU-2018
Je crois que j'ai loupé de peu l'enclume que
je cherche depuis 2 ans au moins. 80 kg, la table en bon état,
les arètes partout en bon état, à 50 km de chez
moi. Ça m'aurait fait un chouette cadeau d'anniversaire dans 5
jours. Sans doute pas le temps d'y aller avant au moins jeudi soir et
d'autres qui la verront avant. Elle sera sans doute partie. Et merde.
21-AOU-2018
Je suis allé voir l'enclume tard le soir...
J'arrive à la soulever seul. Quelques mesures, un calcul
grossier et j'arrive à 50 kg pas 80... Et pour qui sait lire (et
rédiger une annonce), il est écrit 55K dessus... Une
règle de base, c'est qu'il faut une enclume 40 à 50 fois
plus lourde que votre plus gros marteau. J'ai hésité
longtemps. 2 ans que je cherche, mon anniversaire en fin de semaine
résultant en un an de plus et la faiblesse bluesique
conséquente,
des arètes nickel, une table bien plane, un prix un peu
négocié à la baisse (trop élevé
selon moi mais l'excellent état peut être une
justification) et pour 110 EUR je suis parti avec.

Juste après achat avec un coup de brosse sur les inscriptions.
Hauteur 19.5 cm, largeur 12 cm, longueur totale 70 cm, longueur de la portion rectangulaire 27 cm.
"Hardy hole" carré de 24 mm, "pritchel hole" diamètre 18 mm.
La base s'inscrit dans un rectangle de 17 X 32 [cm].
23-AOU-2018
Quelques recherches sur Leboncoin pour trouver
éventuellement un modèle d'enclume similaire avec plus de
renseignements. J'ai en trouvé deux quasi identiques de 25 et
35K avec l'inscription N°1 (mais de l'autre côté: la
bigorne ronde est à droite). Un vendeur parle de la marque
Sambre et Meuse.
Ici c'est comme si le "1" après le "N°"
n'avait pas été mis avec le modèle en bois avant
de l'enfuire dans le sable du moule. A ce propos, cette enclume est
issue de fonderie avec moule en sable (pas forgée, dommage, mais
elle n'est certainement pas très vieille car il est
évident qu'économiquement il revient moins cher de couler
des enclumes; je suppose les enclumes coulées moins solides mais
sans doute que la métallurgie de 1950 donnait des aciers
coulés plus propres que de la forge avec du fer "selon arrivage"
en 1890). Je ne sais pas si la table est une pièce
rapportée ou bien cémentée après
coulée. Mais elle est aussi dure que celle de ma petite enclume
de 24 kg.
25-AOU-2018: c'est mon anniversaire, j'ai plutôt le blues en ce moment
Parait qu'il y a un type qui "se pignole sur une
perceuse" Bosch PBD 40. Un copain a acheté la même et est
tombé sur ma page. Le monde est petit. Nettoyage de l'enclume.
Va falloir lui trouver un support.

Brosse rotative en plastique, brosse acier à main, protections
et une bonne couche à venir de Rustol Owatrol sur l'ensemble
sauf la table.
Une bonne heure de boulot sans que le moteur de la Metabo ne
crâme. Elle était encore "made in Germany". Impossible de
déchiffrer l'écusson
central (pas de soin au moment de la fonderie), je crois y voir 2, 3 ou 4 lettres: A, S, M peut-être?
(Google: y avait une fonderie Sambre et Meuse à Feignies, ASM= Ateliers ou Acièries Sambre et Meuse? Bof)
En pensant billot,
je me suis souvenu qu'à côté de la ferme du patelin
où je vais chercher mon lait crû, il y a un hangar avec
une sorte de scierie qui fait du bois de chauffage. J'y suis
allé pour demander si on accepterait de me scier un billot dans
un bout de tronc. "Oui pas de souci". En hêtre ou en chêne.
Le hêtre se fend selon le monsieur, pas le chêne. "En quoi
vous le voulez?"
Selon Gérard Heutte de
Coustil,
il faut un billot en bois tendre (sapin, tilleul ou peuplier). Le
monsieur de la scierie m'a dit n'avoir jamais vu de billots dans ces essences mais surtout il
n'en a aucune de toute façon. Je pense qu'il y a deux factions chez les
fans de l'enclume
- un billot "souple" pour amortir ou
- un billot "rigide" pour que par le principe d'action et de
réaction, un maximum d'énergie de l'impact soit transmis
à la pièce à forger sans être dissipée
ailleurs (perte).
Bon ben de toute façon, je vais rester sur le chêne alors.
Prix? "Euh 20 EUR ça vous va?" Je crois que oui surtout qu'il a
une machine qui me coupera les deux faces bien parallèles. Pour
référence, il vend un stère de bois coupé
à 50 cm de long pour 64 EUR. Et ça va peser combien tout
ça?
Avec une table qui doit être à 76 cm de
hauteur pour votre serviteur et une enclume de 19.5 cm, ça nous
fait 56.5 cm. Un rectangle de 17 X 32 [cm] ça nous fait une
diagonale de 36.23 cm (merci Pythagore). Donc une masse estimée
de 3.623^2*PI/4*5.65*0.7=40 kg (si le bois de densité 0.7 est
sec!). Et ben votre serviteur de 1.74 m et 65 kg va encore rigoler pour
le mettre dans son coffre ce billot... Chaque cm de diamètre en
plus et ça va vite faire 10 kg de plus...
28-AOU-2018
J'ai enfin cablé le combiné
ampèremètre - voltmètre (dit-on un
puissancemètre ou énergiemètre?) avec mon alim 36
V 20A et ma platine de chauffage par induction pour un premier essai
sans refroidissement liquide du tube en cuivre. J'ai commencé
avec 24 V, puis 30 et enfin 36. Le courant fait un pic au début,
redescend et reste assez constant (12 A sous 24 V). Si on introduit une
lame entre les tubes, le courant augmente d'environ 3 A. J'ai fait
bleuir une lame et plus (rappel le bleu gorge de pigeon c'est vers
320°C). Chaque fois j'ai arrêté par peur de la
surchauffe des éléments sur la platine. Le tube en cuivre
est brûlant (prend une couleur différente) et la la
platine semble bien chaude aussi. Le ventilateur dont elle est
équipée n'est pas un luxe. A partir de 36 V et en charge
(donc avec une lame dans le système) mon alim fait un petit
bruit de plus, une sorte de bourdonnement.
Prochain essai avec la pompe à eau et le refroidissement forcé du tube en cuivre.
29-AOU-2018
Aujourd'hui à l'usine, j'ai vidé un de
mes tiroirs plein de vieux capteurs. J'ai fait le tri entre des
électroniques, des feuilles imprimées d'encres
résistives, des câbles... Pour séparer les
câbles (qui vont dans une poubelle particulière) des
capteurs, je les ai tous coupés avec mon Borel V en 100Cr6.
Beaucoup. Plus tard j'ai examiné le tranchant à la loupe:
rien du tout. Bon c'est du plastique et du cuivre bien mou mais tout de
même. Peut-être une toute petite trace juste
derrière la pointe lorsque j'ai coupé en poussant au
début. Sinon que de la coupe en sciant, sans le moindre
problème. Pour sûr, le 100Cr6 me plait vraiment: bien
agressif, bien dur, bien fin, bien résistant à l'usure.
J'ai testé la pompe à eau seule, en 6
V avec mon transfo réglable 1.5-12 V. Elle fonctionne. J'ai
trouvé dans mon brol un vieux chargeur de
téléphone Motorola qui sort 3.6 V sous 600 mA et la pompe
marche aussi. Je crois que je vais tacher de lier les deux par une
prise mâle femelle quelconque (jack 3.5 mm?). J'ai fixé
par colle thermofusible la pompe contre un support en alu que
j'immergerai dans un réservoir d'eau pour les tests.
30-AOU-2018
J'ai découpé et percé deux
équerres afin de pouvoir fixer mon enclume de 55 kg en tension
par des chaînes sur le futur billot. Faut encore aller acheter
deux morceaux de chaines et deux pitons. Et puis le billot...

Découpées dans un profilé en U de 5 mm, 30 mm de large.
J'ai raccordé électriquement la petite
pompe à eau avec le vieux chargeur de téléphone
Motorola. + sur +, - sur - et la pompe tourne dans le bon sens. Ensuite
j'ai démonté le serpentin de cuivre pour le raccorder
à la pompe immergé dans une casserole d'eau. Mon
serpentin a un pli (apparu lors de mon formage à la main; depuis
qu'il a chauffé, plus moyen de le former, c'est comme si l'effet
recuit était parti) et j'ai peur que cela ne bloque la
circulation d'eau.
Premier essai: l'eau ressort bien au bout donc
serpentin seulement partiellement obstrué mais grosse fuite
à l'entrée du serpentin. Le tube entre pompe et
entrée fait 5 mm (diamètre intérieur) et provient
de ma vieille machine à laver vampirisée. Il y
a même un petit collier élastique façon moteur
japonais dessus. Mais le tube a une déformation permanente
provenant de
son raccordement d'origine. Je l'ai coupé et mis un morceau au
diamètre "vierge" sur l'entrée. Plus de fuite. En sortie
j'ai un tube silicone de 4 mm retrouvé dans le garage avec
quelques outils de mes motos. Celui-ci a été monté
par coincement et il semble très étanche même sans
collier. Prochain essai sous tension alors. Plus tard je constaterai
que la pompe s'est décollée de son support alu: il semble
donc que eau et colle thermofusible fassent mauvais ménage sur
alu/plastique.
J'ai coupé un peu de corde
polypropylène dans le garage pour avoir un feeling avec le
"Kegaska". Rappel: j'ai trouvé cette corde sur la rive de la
Moselle où elle a dû séjourner. Quel que soit le
couteau dont je teste le tranchant, la coupe est toujours très
demandeuse d'effort intense. Au toucher le fil garde son
agressivité et son pouvoir tranchant sur d'autres choses mais
sur le polypropylène c'est vraiment une matière qui
oppose de la résistance.
Bref, affûté au P320 DMT et
cuir+pâte 2 microns j'ai testé le "Kegaska" et le "Gladel"
en 100Cr6. Le "Gladel" s'en sort moins bien. Différence:
demi-angle au sommet de 23° (privilégiant la
robustesse)/trempe simple/0.5 mm derrière le tranchant/60 HRc
contre 16..17°/trempe triple/0.8 mm/58 HRc sur le "Kegaska". La
différence majeure vient sans doute de l'angle. Petit essai de
coupe de papier après test: ça accroche pour les deux
dans la zone du tranchant testée. On sent bien la
différence au passage zone non utilisée/utilisée.
Pour en avoir le coeur net, j'ai fait un essai avec
l'Enzo "Trapper" en D2 avec 26°/trempe simple/0.8 mm/60..61 HRc.
L'angle est encore plus obtu mais le D2 est bourré de carbures
qui devraient faire des ravages en sciant. Bilan: bof, mes "Kegaska" et
"Gladel" n'ont pas à rougir, c'est kif kif côté effort/facilité de coupe.
Curiosité: le fil du "Kegaska" est
plié dans la partie ventrue (pli= acier trop mou: casse= acier
trop dur). D'autant plus étrange que je n'ai pas utilisé
cette zone pour le test de coupe. C'est quoi alors? J'ai emmené
aujourd'hui le "Kegaska" au boulot pour le montrer à un
collègue. J'ai dû abandonner la lame 10 minutes sur le
bureau du collègue pour répondre à une
sollicitation et j'ai entendu en arrière plan que quelqu'un
d'autre s'est interessé au couteau. Je suppose que c'est
là que c'est arrivé. Il s'agissait d'une table de labo
avec plein d'autres instruments. Lorsqu'il y avait plus d'enfants dans
ma maison, j'ai souvent constaté des pointes tordues ou
cassées sur mes créations dans mes tiroirs. Les enfants
avaient joué avec, évidemment dans le plus grand secret
puisque je leur avait recommandé la plus grande prudence
à cause des risques évidents lorsqu'on a entre 6 et 9
ans. Je n'ai pas redressé le fil mais usiné avec 4 ou 5
passes légères sur la DMT P325.
31-AOU-2018
Récemment je parlais vite fait de mon hobby
coutelier avec une collègue et elle me disait que ses
couteaux d'office étaient HS au bout de deux jours. Comme elle
m'avait rendu des services par le passé, je lui ai dit de me les
amener à l'occasion, que je pouvais les affûter (et qu'il
fallait ne pas couper sur une assiette, ne pas les balancer dans le
tiroirs sans protection du tranchant, etc...). Ce fut le cas
aujourd'hui:

Misère: 9 machins, 6 estampillés "Solingen made in
Germany" et 3 "WENCO" dont un marqué avec un "Solingen" en plus..
Un inox de 0.60 mm d'épais avec émouture convexe sur 3.6 mm et une hauteur totale de 15 mm..
Tous présentent le même type de défaillance: le fil
est un plateau, pas d'ébréchure, métal plié
par endroit sur 3 exemplaires (bizarremment les 3 "WENCO").
L'acier semble pourtant assez dur tout en étant très élastique.
En ramenant ma fille dans ses pénates maternelles, j'ai fait un crochet chez Casto
- 2 m de chaîne avec maillon de 4 mm soudé (maxi 100 kg en traction), pas la peine de prendre plus cher
- une boite de pitons Molly 6 X 40 car c'était les seuls en pas
métrique (et les plus gros dispo, j'aurai
préféré du M8 ou M10)
01-SEP-2018
Coup de fil de mon fournisseur de billot: "c'est bon
mais c'est du hêtre en 36 X 56.5, j'ai pas de chêne. Si
vous en voulez faudra me le dire suffisamment en avance". 10 minutes
plus tard j'avais fait l'aller-retour. Le truc n'est pas
entièrement sec et pèse un âne mort. Il y a encore
l'écorce dessus.
J'ai affûté deux couteaux d'office
Solingen, pour voir. Pierres Haidu en P180 et P280 immergées
dans l'eau 10 minutes. Par habitude j'ai commencé avec environ
15°. Le plateau de 0.3 mm de large (j'ai mésuré) s'en
va très vite. Observations à la loupe: le fil est
très accidenté, impossible d'avoir un tranchant. Selon
moi c'est significatif d'un manque de résistance
mécanique latérale donc d'un acier pas assez durci.
Nouvel essai en levant la lame à environ 20°. Loupe. Le fil
est "fermé" et continu cette fois. Un coup de cuir avec
pâte 2 microns et ça coupe. Pas de quoi se taper le cul
par terre mais ça fera le job un certain temps. Mais bon pour le
prix des 9 merdes en boîte ci-dessus, on peut se payer un petit
couteau d'office forgé de chez Tarrerias Bonjean sous marque
distributeur en hyper. Une bonne pierre à affûter sera
encore plus chère mais ça vous fera 20 à 50 ans en
cuisine plus la satisfaction et la zénitude de réussir
à affûter tout seul comme un grand.
Plus tard j'ai fait sauter l'écorce du
billot, je l'ai pesé (49.7 kg!) et j'ai fixé l'enclume avec
chaînes, équerres maison, vis à bois, pitons,
écrous, rondelles et cales comme je l'ai vu chez
Essential Craftsman.
Je voulais essayer de trouver des roulettes escamotables pour
déplacer l'ensemble facilement mais on dirait que c'est
gérable en roulant l'ensemble sur l'angle inférieur du
billot. J'ai un peu poncé la table et les bigornes de
l'enclume avec une petite ponceuse orbitale et du P120. Le métal
n'est même pas devenu brillant. Pour cela il faudra sans doute
que je sorte la meuleuse d'angle avec un disque ad hoc. Petite couche
d'huile fine pour protéger le tout à la fin avec un
aimant de haut parleur sous chaque bigorne.

104.7 kg de fidélité qui ne me laisseront pas tomber. Dans
la vie on peut toujours compter sur son enclume, "In Forge we Trust!"
La table est presque horizontale à peu choses près en X
et en Y. Grace à la tension de la chaine, l'enclume est
fortement serrée
contre le billot et ne sonne pas comme une cloche, sauf sous les
bigornes. Là un aimant de 6 cm de diamètre fait de petits
miracles.
Réaffûter les 9 couteaux éplucheurs en inox mou de
la collègue m'a pris moins de temps que prévu
- demi-angle au sommet aux alentours de 20°, mis à la main
- pierre à eau Haidu P180 et P280
- décidant qu'ils sont plus pour de la coupe en poussant, j'ai
fini avec une pierre de coticule belge pour polir le fil et un coup de
cuir avec pâte 2 microns
Ça coupe pas mal pour tout dire. Pour combien de temps?
02-SEP-2018
Couplage d'une sortie VTC et brocante ce matin:
beaucoup de limes mais je me suis retenu. Y avait aussi une enclume de
50 kg, double bigorne comme la mienne mais en bien moins bon
état et sans "pritchel hole". Prix de départ 180 EUR. J'y
ai croisé MJM à qui j'avais promis des chutes de 90MCV8
de l'usine et qui n'a pas manqué de me le rappeler.
L'après-midi -sache lecteur que je n'ai pas
grande envie en ce moment pour cause de profonde méancolie-
histoire de faire quelque chose de mon dimanche à part du sport
et même pas de cuisine, j'ai fait le montage final de mon
chauffage par induction y compris refroidissemement liquide.

Dans ma cuisine pour un essai. Pompe à eau dans une grosse
casserole et thermomètre IKEA pour surveiller la
température de l'eau.
On voit le shunt avec l'écran LCD pour la surveillance du
courant et de la tension. Il y a aussi le disjoncteur 20 A qui me sert
d'interrupteur.
C'est dans la zone marquée en rouge que j'introduis la lame (comme vu sur les machines que j'essaie de reproduire ici)
J'ai
commencé avec 24 V. D'abord la pompe avec vérification de
l'étancheité: nickel. Puis l'alim et enfin le disjoncteur
(il faut attendre que la source soit stable avant de balancer la patate
sur ce genre de platine: ne me demandez pas pourquoi). Le courant
était un peu plus bas que l'autre fois. Le serpention de cuivre
reste bien froid. Tout semble stable et sous contrôle.
Second essai avec 36 V. Le courant augmente mais tout reste stable.
Troisième essai sous 36 V en plaçant
une lame dans le serpentin avant mise sous tension. Le courant monte en
pic à 32 A, le ventilo de la platine s'arrête. Merde j'ai
dû cramer la platine (encore!)
Quatrième essai sous 36 V sans lame (la pompe
à eau tourne en permanence (l'eau depuis le début est
passée de 14 à 29°C)). Le ventilo de la platine
tourne, on dirait qu'elle n'a rien. Je place la lame dans la boucle du
serpentin. Le courant monte à 18 A. Ça ne fuit toujours
pas côté circuit de refroidissement mais ça sent.
Ça fume près des bornes de sortie de la platine.
Arrêt. J'ai l'impression qu'un produit sort du dernier
condensateur. La platine est bien chaude mais encore touchable à
la main.
Cinquième essai identique au
quatrième. Ça fume, ça craque, je
préfère arrêter. Ce sont les deux grosses pistes
sous le PCB qui se sont localement décollées. C'est comme
si beaucoup de courant passait dans une seule zone. Sorte d'effet de
peau/de bord comme dans les gros conducteurs (cours de physique de
terminale, courant induit, champ magnétique) à cause du
champ magnétique du serpentin qui agit aussi sur le PCB? Si
j'ai raison, il faudrait éloigner le serpentin de la platine.

J'ai cru que "ça coulait" par là.

En dessous ça se décolle aussi: PCB double piste (dessus dessous). Le dessous
n'est que deux super larges bandes de cuivre.
03-SEP-2018
Y a des fois je crois que je suis vraimeent idiot.
J'ai réfléchi à mon problème de PCB sur le
chauffage par induction. C'est quoi l'origine du problème? Qu'on
essaie de faire passer un courant très intense dans une couche
de cuivre d'épaisseur ridicule. Il suffit d'augmenter le
"diamètre du tuyau" pour faciliter le passage. Je pense que je
vais simplement souder un câble de 2.5 mm2 entre les différentes pates des composants ayant un même potentiel.
En rentrant du boulot j'ai fait un crochet pour
aller déposer chez MJM une grosse partie de mon stock de chutes
de 90MCV8 du boulot. MJM m'a offert un morceau de loupe de
hêtre (loupe de 27 kg à l'origine!) et on a parlé
couteaux sans que je vois le temps passer.
04-SEP-2018
Me voilà avec une commande "quand t'as le
temps, te met pas le stress" d'un petit couteau éplucheur
à bec d'oiseau. M'ouais, quand on sait pas dire non.